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Ouvrir un cabinet de chirurgie dentaire

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Par Sarah Vallet de Payraud

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25 mai 2021

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2 min.

un cabinet de chirurgie dentaire
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COMPÉTENCES

Qualification professionnelle
Aptitudes commerciales
Maîtrise de la gestion

SPÉCIFICITÉS

Poids des investissements
Importance de la qualité de l'emplacement
Intensité de la concurrence

VIE PRIVÉE

Niveau de rémunération
Degré des contraintes horaires
Facilité de remplacement

Alors que l’activité des chirurgiens-dentistes est portée par de solides facteurs de croissance (vieillissement de la population, campagnes de prévention menées par les pouvoirs publics, préoccupation croissante des Français pour la santé bucco-dentaire), elle tend aujourd’hui à évoluer.

D’une part, la dernière convention nationale conclue le 21 juin 2018 entre l’UNCAM et les principales organisations professionnelles réoriente l’activité des chirurgiens-dentistes vers la prévention et les soins conservateurs (actes à plus faible valeur ajoutée) et vise à réduire le reste à charge des assurés (il est aujourd’hui de 23% sur les soins dentaires et de plus de 40% sur les actes prothétiques) :

  • revalorisation progressive des soins conservateurs à partir du 1er avril 2019,

  • création de trois niveaux de prise en charge avec plafonnement des actes prothétiques. A partir du 1er janvier 2020 (au 1er janvier 2021 pour les dentiers), le praticien proposera à ses patients trois paniers de soins : un panier « reste à charge zéro » (concernera 46% des actes et 35% des honoraires), un panier « tarifs maîtrisés » avec un reste à charge modéré (25% du volume des actes, 34% des honoraires) et un panier « tarifs libres » (choix esthétique, techniques innovantes),

  • prise en charge à 100% des examens de prévention pour les 3-24 ans,

  • renforcement de la prévention auprès de certains publics fragiles (patients diabétiques, patients en situation de handicap sévère).

D’autre part, l’exercice des professionnels de santé de ville est en pleine mutation. En effet, pour faire face aux enjeux du virage ambulatoire, de la croissance des pathologies chroniques et garantir à tous un accès égal au système de santé, les pouvoirs publics souhaitent accélérer le développement de l’exercice coordonné en s’appuyant sur les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Instaurées par la loi de santé de 2016 (loi n°2016-41 du 26 janvier 2016) les CPTS sont composées de professionnels de santé (médecins, auxiliaires médicaux), d’établissement de santé et d’acteurs médico-sociaux et sociaux réunis autour d’un projet de santé afin de répondre à une problématique territoriale de santé. La loi santé de 2019 (loi 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé) renforce ce dispositif qui devrait monter en puissance (on dénombrait 300 CPTS en mai 2019 alors que l’objectif est de 1000 CPTS à l’horizon 2022). L’accord conventionnel interprofessionnel du 20 juin 2019 dote les CPTS de moyens financiers proportionnels au bassin de population sur lequel le projet est mené (185 000 à 380 000 euros d’aide annuelle par CPTS).

Enfin, la loi santé de 2019 réforme les études de santé à compter de la rentrée universitaire 2020 : disparition du numerus clausus (les effectifs seront gérés par les ARS et les universités en fonction de leurs capacités et des besoins du territoire) et réforme de la première année commune aux études de santé en faculté de médecine (PACES).

Tendances

La réduction du reste à charge favorisera l’activité des dentistes libéraux mais dans le même temps, elle contribuera à la diminution de l’activité en valeur des libéraux, notamment sur les soins prothétiques (près de 70% des honoraires en reste à charge zéro ou maîtrisés à partir du 1er janvier 2020).

Avec le développement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), l’exercice libéral coordonné pluriprofessionnel se généralisera dans les prochaines années alors que l’exercice libéral isolé se marginalisera.

La loi santé de 2019 instaure la certification des compétences professionnelles des médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens, infirmiers, masseurs kinésithérapeutes et pédicures podologues (les modalités seront fixées par ordonnances d’ici 2021). Enfin cette loi donne un cadre aux activités de télémédecine bucco-dentaire (téléconsultation, téléexpertise et télésurveillance) qui se développera à destination de la patientèle dépendante ou à mobilité réduite.

L’organisation du marché

  • Les omnipraticiens pratiquent tous les actes de chirurgie dentaire. Certains d’entre eux ont même acquis leur propre laboratoire de prothèses dentaires.

  • Les spécialistes qualifiés en orthodontie effectuent principalement des actes d’orthopédie dento-faciale.

NOMBRE DE DENTISTES

2017

37 129 (1)

HONORAIRES DES DENTISTES (EN MILLIARDS D’EUROS)

2017

9,751 Md€ (2)

(1) Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral.

(2) Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral.

Sarah Vallet de Payraud

Entrepreneur en résidence @ La Fabrique by CA

Article mis à jour le 25 mai 2021

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