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Ouvrir un salon de coiffure : le guide complet

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Par Sarah Vallet de Payraud

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25 mai 2021

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7 min.

coiffeur
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Vous souhaitez ouvrir votre propre salon de coiffure ? Par étapes, on vous donne toutes les clés pour construire un projet solide qui durera dans le temps. 

Etape 1 : définir son projet de salon de coiffure

Que votre idée soit encore floue ou qu’elle ait eu le temps de mûrir, il vous faudra la faire évoluer en offre à lancer sur le marché : préparez votre idée pour mieux la mettre en œuvre. 

Prenez le temps de préciser ce que vous aimeriez pour votre salon. Explorez, discutez, renseignez-vous sur les différents concepts de salon de coiffure. Salon de coiffure pour tous, salon chaleureux rien que pour les enfants, salon de coiffure et beauté, salon ambulant ou salon-salle de sport… les types de salon sont nombreux, du plus classique au très original.

Au-delà du concept, réfléchissez aussi aux différentes options qui s’offrent à vous, entre création d’un salon indépendant, reprise d’un salon déjà existant ou ouverture d’un salon franchisé. 

La création d’un salon indépendant a l’avantage de la flexibilité et de la liberté la plus complète. Elle demandera toutefois un important travail dès la création comme dans le fonctionnement, notamment pour se faire connaître et construire une clientèle fidèle. Avec la reprise d’un salon déjà existant, la clientèle est déjà faite et si vous ne changez pas complétement de concept, vous n’aurez pas de mal à assurer la fidélité de vos meilleurs clients. 

En franchise, vous pourrez bénéficier des stratégies de marketing, des outils de communication de l’enseigne – magazines papier, publicités, vitrines et books de photographies… – ainsi que de la renommée de la marque. Vous aurez cependant moins de marge de manœuvre quant à la personnalisation de votre salon et dans le choix de vos spécialités : plus encadrée, la solution de la franchise laisse moins de place à la créativité. 

Pour mieux choisir, n’hésitez pas à échanger auprès de professionnels de la création d’entreprise comme ceux du réseau BGE, BPI France, ou, pour une approche plus spécifique aux métiers de la coiffure, auprès de la Chambre des métiers et de l’artisanat – CMA – de votre département. 

Définir son idée, c’est avant tout la laisser évoluer, se modifier, s’assurer : restez ouverts, écoutez les conseils et les critiques constructives. Il est désormais temps de mettre votre idée à l’épreuve du marché ! 

Etape 2 : se renseigner sur la tendance du marché

Votre projet de salon de coiffure a-t-il un vrai potentiel commercial ? Vérifiez les éléments de votre idée grâce à une étude de marché bien construite

La tendance du marché de la coiffure

Commencez par bien analyser la tendance du marché de la coiffure et des salons, d’une manière générale. En France, le marché de la coiffure tient la deuxième place du marché de l’artisanat depuis déjà quelques années : le secteur se porte plutôt bien, et même si l’on observe une baisse d’activité globale, le marché reste concurrentiel. 

Observez alors les tendances sur votre zone géographique de préférence : combien comprend-elle de salons ? Quel est le chiffre d’affaires moyen réalisé ? Quel est le type de clientèle ? En observant avec plus d’attention la clientèle déjà présente, vous pouvez passer à l’analyse de la demande. 

Analyse de la demande : qui est la clientèle existante ?

Apprenez à connaître les personnes qui seront peut-être vos clients. Age moyen, sexe, métier… qui sont-ils ? combien de fois par an fréquentent-ils un salon de coiffure ? Pour quelles prestations ? Combien sont-ils prêts à dépenser et pour quoi ? 

Pour mieux comprendre votre future cible, renseignez vous directement auprès d’elle, en construisant pas exemple un formulaire – Type google form – à diffuser sur les réseaux sociaux. Les groupes Facebook de villes forment en général un échantillon assez représentatif, à vous de trouver le bon groupe. N’hésitez pas non plus à discuter avec vos voisins, vos connaissances qui vivent là où vous souhaitez vous implanter. 

Analyse de l’offre : qui sont les salons de coiffure déjà présents ?

Observez de plus près qui seront vos concurrents directs, c’est-à-dire avec le même genre de prestations que les votre, ou indirect, d’un différent type. Sont-ils indépendants ou en franchise ? Quels tarifs pratiquent-ils en moyenne et pour quels services ? 

Toutes ses informations seront essentielles pour définir votre activité, dans une prochaine étape. Pour plus de chiffres clé, rendez-vous sur le site de l’INSEE ou auprès de l’Union nationale des entreprises de coiffure – UNEC. 

Etape 3 : définir l’activité de son salon de coiffure

Vous voulez créer un salon spécialisé pour les enfants et il en existe déjà des dizaines dans un rayon limité ? Il n’y a que des bureaux dans le quartier où vous voulez vous installer ? Adaptez votre concept à ce que vous a révélé l’étude de marché. 

Avez-vous identifié un manque, un besoin ? Votre salon pourrait faire la différence : trouvez votre positionnement, ce qui fait que vos clients viendront dans votre salon plutôt que dans le salon voisin. 

Prix, services, produits à la vente, horaires d’ouverture… de nombreux éléments peuvent jouer, soyez créatifs et dessinez votre activité avec un maximum de précisions. 

A savoir : votre activité sera considérée comme commerciale dès lors que vous vendez des produits de soin capillaire, ou que vous employez plus de dix salariés.  

Pour en savoir plus sur l’activité du salon de coiffure, consultez notre page dédiée.

Etape 4 : prévoir ses investissements pour ouvrir un salon de coiffure

Considérez désormais les premiers aspects financiers de votre projet : quel budget prévoir pour ouvrir son salon de coiffure ? Posez vos besoins pour la création, mais aussi pour la suite, une fois que votre projet aura pris vie. 

Les principaux coûts à prévoir sont : 

  • La location ou l’achat du local 

  • L’aménagement du local et l’achat du matériel, 

  • L’achat éventuel d’une franchise

  • Le salaire du personnel 

  • Les charges de fonctionnement comme l’eau, l’électricité… 

Listez vos besoins et le coût des investissements dans les différents tableaux du prévisionnel financier, qui vous permettront aussi de vérifier la rentabilité comme la pérennité de votre projet : 

  • Le plan de financement : Il permet de chiffrer l’ensemble des besoins de financement au départ – plan de financement initial – et pour la suite – plan de financement sur trois ans -, en distinguant d’un côté les besoins, et de l’autre les ressources. 

  • Le plan de trésorerie : il met en évidence le décalage dans les flux de trésorerie, entre les encaissements – ce que le salon reçoit – et les décaissements – les dépenses, les salaires, le remboursement d’emprunt… 

  • Le compte de résultats prévisionnel : il montre le résultat net issu de chaque exercice comptable, sur trois ans, en pondérant le chiffre d’affaires réalisé par les dépenses pour la même période. 

  • Le bilan prévisionnel : il pose l’état du patrimoine de l’entreprise à la clôture d’un exercice prévu, en distinguant les actifs, soit tout ce que l’entreprise possède, des passifs, soit tout ce que l’entreprise doit. 

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Etape 5 : le choix du statut juridique pour son salon de coiffure

Nombre de salariés, régime social du dirigeant, protection du patrimoine, fiscalité applicable… de nombreux éléments sont à prendre en considération dans le choix du statut de votre futur salon de coiffure, et plusieurs solutions s’offrent à vous, que vous vous lanciez seul ou à plusieurs. 

Un salon de coiffure en entreprise individuelle ou en micro-entreprise

Entre les investissements de départ qui peuvent être conséquent, les achats de matériel et de produits tout au long de l’activité, et les perspectives de développement, les statuts d’entreprise individuelle comme ceux de la micro-entreprise sont déconseillés : 

  • La micro-entreprise ne permet pas de dépasser les 72 600 euros de chiffre d’affaire annuel pour les prestations de coiffure en elles-mêmes, et 176 200 euros pour les ventes de produit (shampoings, accessoires…)

  • L’entreprise individuelle est une solution risquée : en cas de dettes, les biens personnels de l’entrepreneurs peuvent être engagés pour le remboursement. 

Les différentes formes de sociétés pour ouvrir un salon de coiffure

Il est préférable d’opter pour la création d’une société, que l’on soit seul ou à plusieurs. 

La SARLEURL pour un seul associé – et la SASSASU pour un seul actionnaire – restent les formes sociales les plus courantes pour les salons de coiffure. En responsabilité limité, vos biens personnels restent protégés en cas de difficultés. Vos dettes ne peuvent être remboursées qu’à hauteur de vos apports. 

Avec un cadre réglementé et une gestion plus rigide, la SARL est facile à créer et assure une certaine sécurité. Plus complexe mais plus libre, la SAS laisse plus de flexibilité dans son organisation, et de possibilité d’évolution. 

Pour faire votre choix, n’hésitez pas à vous renseigner auprès d’un expert – avocat ou juriste de l’entreprise -, qui pourra vous indiquer le statut le plus adapté à votre situation comme à votre projet. 

Etape 6 : rédiger son business plan

Votre projet est désormais construit, il devient concret grâce au business plan Sous forme de dossier, il se structure en quatre grandes parties : 

  • La présentation du projet et de son contexte. 

  • L’étude de marché, bien documentée. 

  • La structure juridique, explicité dans ses détails. 

  • Les prévisions financières, soit les tableaux prévisionnels établis en quatrième étape. 

Etape 7 : connaitre la réglementation pour un salon de coiffure

La coiffure est une profession réglementée, et ouvrir son propre salon demande la conformité à certaines conditions bien précises. 

Avec ou sans diplôme ?

Pour pratiquer le métier de coiffeur, vous devez être titulaire d’un diplôme de type Brevet professionnel de coiffure, Brevet de maîtrise de coiffure, ou tout autre diplôme de niveau équivalent inscrit au répertoire national de certification professionnelle dans un domaine similaire à la coiffure. 

Sans diplôme, vous pourrez ouvrir votre salon si : 

  • L’un de vos associés ou de vos salariés est titulaire d’un diplôme requis. Il doit exercer un contrôle effectif sur l’activité.

  • L’activité de coiffure n’est que complémentaire, dans un salon installé dans une commune de moins de 2000 habitants, et qu’il est un salon spécifiquement pour hommes. 

La réglementation applicable au salon de coiffure

En tant qu’établissement recevant du public – ERP -, le salon est soumis à des normes bien spécifiques pour l’accessibilité et la sécurité. 

Fixés librement, les prix TTC doivent obligatoirement être affichés à l’intérieur comme à l’extérieur du salon, comme sur les factures. 

Des règles d’hygiène spécifiques doivent être appliquées : pour en avoir le détail, demandez plus d’information auprès de la Chambre des métiers et de l’artisanat. 

Enfin, sous conditions, pour pouvoir diffuser de la musique, vous devrez informer la SACEM. 

Pour plus d’informations, consultez notre page sur la réglementation du salon de coiffure

Etape 8 : trouver le local de son futur salon de coiffure

Le choix de votre implantation est essentiel, et votre étude de marché vous aura permis de déterminer les zones géographiques à cibler. Votre local devra aussi être en cohérence avec votre concept, et l’image que vous voulez donner à votre salon. 

Salon en centre-ville ou en zone commerciale ? privilégiez les espaces fréquentés, passants, où vous pourrez être visibles. Plus audacieux, certains misent au contraire sur la discrétion et optent par exemple pour un appartement chic et confortable ou une jolie petite boutique bien cachée… Ce choix donne un côté « select » à votre salon, réservé à une clientèle de connaisseurs. Attention, vous aurez à vous faire connaître autrement que par votre vitrine ! 

Etape 9 : se lancer

Votre projet est bien solide, vous êtes désormais prêt à vous lancer ! 

S’il n’est plus obligatoire, le stage de préparation à l’installation récapitule tous les points essentiels de la création d’entreprise, et vous donne tous les outils incontournables : comptabilité, gestion, management… Vous bénéficierez aussi d’un entretien personnalisé, et rencontrerez des interlocuteurs qui pourront vous accompagner tout au long de la vie de votre entreprise. N’hésitez pas à vous inscrire auprès de la Chambre des métiers et de l’artisanat de votre département. 

Vous devrez aussi vous lancer dans la recherche de financement : hormis les établissements bancaires, pensez aux dispositifs publics – nationaux et régionaux – d’aide à l’installation, mais aussi aux sociétés de cautionnement comme la SIAGI, société de caution mutuelle de l’artisanat et des activités de proximité. 

Avant d’acquérir votre local et de l’aménager, avant d’acheter le matériel et les premiers stocks de produits, vous devrez créer votre société et procéder à l’immatriculation de votre entreprise, auprès du répertoire des métiers – RM – si vous êtes seulement artisan, et auprès du registre du commerce et des sociétés – RCS – pour votre activité commerciale. 

Sarah Vallet de Payraud

Entrepreneur en résidence @ La Fabrique by CA

Article mis à jour le 26 mai 2021

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