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Le marché du radiologue

Icône auteur

Par Théophile Rousseau

Icône date de publication

20 mai 2021

Icône temps de lecture

2 min.

cabinet radiologie

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COMPÉTENCES

Qualification professionnelle
Aptitudes commerciales
Maîtrise de la gestion

SPÉCIFICITÉS

Poids des investissements
Importance de la qualité de l''emplacement
Intensité de la concurrence

VIE PRIVÉE

Niveau de rémunération
Degré des contraintes horaires
Facilité de remplacement

Contexte

En raison des effets de la crise sanitaire (renoncement aux soins, déprogrammation de certaines interventions), les radiologues ont été confrontés à une chute de la fréquentation de leurs cabinets en 2020. 

L'activité en volume est toutefois amenée à se redresser à la faveur de plusieurs facteurs porteurs : 

- Le vieillissement de la population et l'augmentation des affections longue durée contribuent à accroître la demande en soin ;

- L'évolution technologique des équipements favorise le développement de nouveaux domaines d'application de l'imagerie médicale (ostéodentitométrie, coloscanners). Ainsi, le radiologue a une part de plus en plus importante dans le diagnostic des maladies, en vue de la mise en place des protocoles de soins ;

- Les campagnes de dépistage des cancers favorisent l''activité des radiologues. Le programme de prévention du cancer du sein notamment entretient une demande constante en actes de mammographie (à forte valeur ajoutée).

Toutefois, ces dix dernières années les radiologues libéraux ont été impactés négativement par la diminution du tarif des actes de radiologie et d''imagerie médicale.  Ainsi, les praticiens ont enregistré une baisse importante de leurs honoraires (jusqu''à -25% pour certains cabinets de proximité) et des cabinets de radiologie ont été contraints de fermer. 

Ainsi, dans le cadre du protocole d'accord conclu entre l'Assurance-Maladie et les radiologues pour la période 2018-2020, la profession s'est engagée à agir sur la pertinence des actes (imagerie lombaire) en sensibilisant les médecins prescripteurs et la patientèle (objectif d'économie de 207 millions d'euros).

Dans ce contexte de pressions tarifaires, les groupements de cabinets se renforcent afin de limiter la dégradation des marges en mutualisant les charges (loyer, personnel, primes d'assurances) et les équipements (scanners, appareils de radiographie, etc.).  

Tendances

L'Assurance-Maladie, estimant que les objectifs d'économie d'imagerie médicale pour la période 2018-2020 n'ont pas été atteints, maintient l''article 99 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 permettant une réduction unilatérale des tarifs des forfaits techniques alors que ce dernier devait être supprimé début 2021. Dans ce contexte, les radiologues seront confrontés à de nouvelles baisses tarifaires. 

Les mesures de la loi santé de 2019 réformeront le cadre de l'exercice des professions libérales de santé :

  • généralisation de l'exercice libéral coordonné pluriprofessionnel (CPTS) alors que l'exercice libéral isolé se marginalisera.

  • restructuration de l'offre hospitalière avec trois niveaux : soins de proximité, soins spécialisés et soins ultraspécialisés ou plateaux techniques de pointe. 500 à 600 hôpitaux de proximité seront labellisés d'ici 2022. Ces derniers assureront des missions hospitalières de proximité en médecine polyvalente, soins aux personnes âgées, soins de suite et de réadaptation, consultations de spécialités, consultations non programmées, et devront disposer d'un plateau technique de biologie et d'imagerie, d’équipes mobiles et d’équipements en télémédecine. L’exercice mixte ville/hôpital de proximité sera favorisé.

  • instauration de forfaits pour la prise en charge des pathologies chroniques à l'hôpital dès 2019 et encadrement des tarifications à l'activité (objectif de les limiter à 50% des financements d'ici à 2022). Cette démarche s'ouvrira par la suite sur la ville et les coordinations ville-hôpital.

Enfin, l'accélération du développement de l'intelligence artificielle impactera l'exercice de la profession à court terme (établissement de diagnostic, harmonisation des protocoles, automatisation des tâches répétitives).

L'organisation du marché

• Selon le conventionnement :

Plus de 85 % des radiologues relèvent du secteur 1, contre près de 60 % pour l'ensemble des spécialistes. Dans ces conditions, la part des dépassements rapportée à l'ensemble des honoraires est bien inférieure à celle observée dans les autres activités médicales. Toutefois, face à la conjoncture actuelle, de plus en plus de radiologues rejoignent le secteur 2, ce qui leur permet de pratiquer des dépassements d'honoraires, compensant ainsi leur baisse d'activité en valeur. La dernière convention médicale (2016-2021) ouvre deux options de pratiques tarifaires maîtrisées (OPTAM pour tous les médecins et OPTAM-CO pour les chirurgiens et obstétriciens) aux médecins du secteur 2 afin de les encourager à stabiliser leurs tarifs et à facturer davantage aux tarifs opposables. En contrepartie, ces médecins bénéficient des tarifs de remboursement de leurs actes alignés sur ceux des médecins exerçant en secteur 1.

• Selon le mode de fonctionnement :

Plus des 2/3 des radiologues exercent exclusivement à titre libéral. L'exercice en hôpital, moins bien rémunéré, attire peu de jeunes diplômés.

NOMBRE DE RADIOLOGUES

2019

5 396 (1)

HONORAIRES DES RADIOLOGUES (EN MILLIARDS D’EUROS)

2019

2,827 Md€ (2)

(1) Source : Cnamts.

(2) Source : Cnamts.

Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 14 janvier 2022

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