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S’installer comme agriculteur maraîcher

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Par Sarah Vallet de Payraud

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01 juillet 2021

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6 min.

agriculteur maraîcher
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Que vous repreniez une exploitation familiale, que vous vous lanciez à neuf, en reconversion, l’agriculture maraîchère est une grande aventure qui demande de l’organisation et beaucoup d’implication personnelle. Vous êtes prêt à relever le défi ? Faites le point sur les étapes essentielles pour vous installer comme agriculteur maraîcher. 

Etape 1 : Définir son projet

Raisonnée ou bio, intensive ou extensive, techniques biodynamiques ou permaculture… le champ de l’agriculture maraîchère est aujourd’hui très vaste et les orientations sont nombreuses. Vous avez probablement déjà une première idée des méthodes d’exploitation et de techniques de culture que vous aimeriez mettre en place : définissez votre projet dessinez le type d’agriculteur que vous aimeriez être. 

Vous pourrez ensuite étudier de plus près le marché pour vérifier pas à pas la pertinence de votre projet. 

Etape 2 : Se renseigner sur les tendances du marché

La France se place aujourd’hui au 3e rang européen pour la production maraîchère. Les régions les plus agricoles sont la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine et les Hauts de France. Avec la prise de conscience environnementale actuelle, les habitudes de consommation changent, et avec elles, les techniques d’agriculture. Le marché du maraîchage bio est en pleine croissance, et les agriculteurs se penchent désormais sur une agriculture raisonnée, sur les techniques de permaculture ou d’aquaponie. Avant d’étudier les tendances de votre marché le plus direct, commencez par étudier les tendances générales de l’agriculture maraîchère en France, puis sur votre zone d’implantation. 

Les Français sont de plus en plus exigeants quant aux fruits et légumes qu’ils consomment : étudiez cette nouvelle demande, en global comme en local. A l’exigence du goût et du tarif bon marché s’ajoute en plus celle du local, du saisonnier, du bio et du respect environnemental. Et si cette exigence était pour vous une opportunité ? Loin d’être une menace, c’est le signe d’une transition dans laquelle vous pourriez peut-être vous engager. 

Observez aussi vos concurrents, grosses exploitations ou petites fermes familiales : quels produits proposent-ils ? quels sont leurs réseaux de distribution ? proposent-ils en plus des services de livraison ou de vente directe ? un site e-commerce ? AMAP, magasin de producteurs locaux, coopératives… l’heure est au partenariat, et plutôt que des concurrents, ils pourraient peut-être devenir de vrais partenaires. 

Etudiez enfin le contexte et l’environnement de votre projet et ce qui pourrait soit être une menace, soit une opportunité, sous les angles : 

  • Politique : suivez l’actualité des lois et politiques agricoles européennes et nationales

  • Légal : quelles sont les réglementations en vigueur ou futures ? 

  • Technologique : Machines agricoles, nouvelles méthodes de production, ou retour d’une technique traditionnelle… pourquoi ne pas se renseigner aussi sur ce qui se pratique à l’étranger

  • Social : Observez de près les modes de consommation et leurs changements. 

Etape 3 : Définir son activité

Exposez désormais votre activité maraîchère le plus précisément possible notamment autour de : 

  • Types de produits : type de fruits et légumes, saisonnalité… 

  • Techniques de production : serres, rotation des cultures, 

  • Quantités et objectifs de production : soyez précis dans vos prévisions, vous pourrez alors prévoir la bonne taille de terrain 

  • Taille et spécialités de l’exploitation : Production seule ou besoin de conditionnement ? Anticipez les besoins en production, stockage, transformation, conditionnement… pensez aussi à la main d’œuvre : allez-vous embaucher ? Travailler avec des saisonniers ? 

  • Réseau de distribution : vente à la « ferme », ou vente en ligne, livraison directe aux consommateur, marchés, AMAP, grande distribution, industrie agro-alimentaire… Rien ne vous empêche de cumuler les réseaux. 

Ces questions vous aideront à constituer votre positionnement commercial comme votre stratégie.

Etape 4 : Prévoir ses investissements : les prévisions financières

Les investissements pour reprendre ou pour créer une exploitation maraîchère sont conséquent, et essentiels pour bien démarrer. Il est primordial de bien les identifier pour ensuite mieux construire ses prévisions financières. C’est la clé d’une exploitation en bonne santé et qui saura durer. 

Listez tous les besoins que vous aurez pu identifier dans la définition de votre activité : 

  • Achat de machines agricoles

  • Achat de matériel 

  • Achat d’un terrain

  • Construction ou rénovation de locaux, hangars, serres

  • Achat des semences et autres matières premières

  • … 

Structurez ensuite, sous forme de tableaux, vos prévisions financières. Sur l’appli Jesuisentrepreneur.fr, entrez tous vos éléments financiers, vos tableaux seront automatiquement calculés puis analysés. 

Trésorerie, bilan prévisionnel, compte de résultats… vos tableaux vous permettrons de clarifier vos objectifs comme de valider la faisabilité financière de votre projet. Et après synthèse et validation de vos prévision, notre coach expert en création d’entreprise vous met en relation avec le Crédit agricole pour la recherche de financements. 

Etape 5 : Choisir son statut juridique

Nombre d’entrepreneurs, objectifs de vente et d’évolution, régimes sociaux et fiscaux… De nombreux critères doivent être pris en compte dans le choix de votre futur statut juridique.

La micro-entreprise n’est pas accessibles aux agriculteurs. Si vous vous engagez seuls, vous avez la possibilité de créer votre structure en Entreprise Individuelle : avec différentes options, c’est une forme facile à gérer, mais qui ne protège pas votre patrimoine personnel en cas de dettes, à moins d’opter pour une EIRL – Entreprise individuelle à responsabilité limité. Vous pourrez éventuellement créer une société et vous orienter vers une SASU – Société par actions simplifiée unipersonnelle – ou une EURL – Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée – la forme unipersonnelle de la SARL. 

A plusieurs, vous pourrez créer une société. L’avantage est de séparer les biens personnels du patrimoine de l’entreprise, pour limiter les risques. La société permet aussi de partager les responsabilités, tout en créant une dynamique. Elle permet de capitaliser pour l’avenir et de se développer. 

Les sociétés agricoles sont soit civiles, soit commerciales. Le plus souvent, les agriculteurs s’installent en société civile soit : 

  • Le groupement agricole d’exploitation en commun – GAEC : Les agriculteurs qui produisent et vendent ensemble la production commune peuvent s’associer sous forme de GAEC. 

  • La société civile d’exploitation agricole – SCEA

  • L’exploitation agricole à responsabilité limité – EARL

Les sociétés commerciales les plus fréquentes pour les agriculteurs sont : 

  •  Le groupement d’intérêt économique – GIE

  • La société en nom collectif – SNC

  • La Société à responsabilité limitée - SARL

  • La Société par actions simplifiées - SAS

  • La Société anonyme – SA

Les trois dernières options de sociétés sont pertinentes dans le cas où vous aurez une activité commerciale autre qu’agricole : vente de spécialités gastronomiques locales, fabrication de produits artisanaux… 

Ni civile, ni commerciale, la coopérative agricole – SCA ou « Société coopérative agricole » est encore une option, que vous soyez déjà installés en indépendant ou en société. Sans but lucratif, elle permet de mettre en commun les moyens de productions, le matériel, les locaux et de mutualiser des achats comme des savoirs-faires et des connaissances. Autour de valeurs communes, les agriculteurs peuvent ainsi se soutenir et profiter de l’expertise de chacun. 

A savoir : quel que soit votre choix, que vous soyez assimilés salariés ou travailleur non salarié, votre régime social ne dépendra pas du régime général ou du régime des indépendants : vous dépendrez de la MSA, dans tous les cas, avec des prestations différentes selon votre statut. 

Etape 6 : Rédiger son business plan

En rassemblant tous les éléments clés de votre projet, en montrant tous ses atouts et en prouvant sa pertinence, le business plan est un premier pas concret vers votre projet, et un outil essentiel pour trouver des financements : vous pourrez le présenter à vos investisseurs, il est votre « arme de séduction ». 

Il se construit en deux parties principales. La première partie est la présentation de votre projet dans sa globalité, avec la présentation de votre activité, et du contexte de votre projet. Parlez de vos motivations, mettez en valeur votre idée. Présentez ensuite votre étude de marché, avec les tendances globales, votre analyse de la concurrence et de la demande. Présentez clairement tout ce qui peut représenter une opportunité à saisir mais aussi ce qui constitue une menace : cela prouve notamment que vous aurez bien anticiper les difficultés, et que vous aurez déjà des pistes pour les surmonter. Vous abordez alors votre positionnement, votre stratégie commerciale, votre business model, votre organisation et votre équipe. 

La deuxième partie est purement financière : toutes vos prévisions financières doivent y figurer pour faire apparaître la faisabilité financière de votre projet. Elle est au cœur du sujet, et doit être complète, ni trop ambitieuse, ni trop faible. 

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Etape 7 : Connaître la réglementation de l’agriculture maraîchère

La réglementation pour s’installer agriculteur

En reprise ou en création, vous devrez obtenir une autorisation d’exploiter auprès de la direction départementale des territoires et de la mer – DDTM – si : 

  • Vous ne possédez pas de capacité professionnelle ou expérience agricole, 

  • La taille de votre exploitation dépasse le seuil de surface fixé par le schéma directeur régional des exploitations agricoles, ou ramène la superficie d’une exploitation en deçà de ce seuil,

  • Vous êtes en situation de pluriactivité et vos revenus extra-agricoles excèdent le seuil prévu par la loi. 

Les règlementations spécifiques au type d’agriculture

Aussi vaste que les techniques et les méthodes d’exploitation, la réglementation de la production et de l’exploitation de fruits et légumes touche de nombreux éléments, et peut varier en fonction de votre implantation géographique. Pour l’agriculture biologique, vous devrez vous conformer à une réglementation européenne. 

Une réglementation stricte sera aussi applicable si vous transformez ou/et conditionnez vous-même vos fruits et légumes. Pour la vente, chaque type de distribution a sa propre réglementation, par exemple en vente directe, plusieurs cadres sont applicables : 

  • Obligation d’information du consommateur et étiquetage

  • Règlementation sur la publicité sur voie publique, 

  • Règlementation propre au lieu de vente : Etablissement recevant du public, autorisation d’occupation ou carte de commerce ambulant pour une vente sur les marchés… 

  • … 

Etape 8 : Trouver le terrain pour sa future exploitation

Que vous repreniez une exploitation ou que vous lanciez votre propre exploitation, le choix du terrain est primordial. Qualité de la terre, exposition, taille… chacun des éléments a son importance à jouer dans la qualité de vos produits comme dans vos objectifs stratégiques. 

C’est d’ailleurs la surface de votre terrain qui fera de vous un agriculteur professionnel : Fixée à niveau national puis à niveau départemental, la surface minimale d’assujettissement ou SMA est un l’un des 3 critère d’affiliation à la MSA – Mutualité sociale agricole – en tant que chef d’exploitation. 

De plus, chaque spécialité à ses exigences : l’installation en agriculture biologique, notamment, requière un terrain certifié. 

Ainsi, pour bien connaître le potentiel et les qualités de votre futur terrain, en reprise d’exploitation comme en création, vous pourrez faire réaliser un diagnostique technico-économique et agronomique de votre futur terrain. 

Etape 9 : Se lancer

Lancez vous dans les démarches administratives avec : 

  • La demande de l’autorisation d’exploitation auprès de la DDTM

  • La création de votre structure juridique auprès du Centre de formalité des entreprises – CFE- compétent

  • L’affiliation sociale à la MSA

Organisez et mettez en œuvre votre recherche de distributeurs et de points de ventes, et commencez à vous faire connaître de votre future clientèle : tracts sur les marchés, création d’un beau site e-commerce, création de pages professionnelles sur les réseaux sociaux… 

Sarah Vallet de Payraud

Sarah Vallet de Payraud

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Entrepreneur en résidence @ La Fabrique by CA

Article mis à jour le 01 juillet 2021

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