Le marché du taxi

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Par Théophile Rousseau

Icône date de publication

19 mai 2021

Icône temps de lecture

2 min.

taxi

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COMPÉTENCES

Qualification professionnelle
Aptitudes commerciales
Maîtrise de la gestion

SPÉCIFICITÉS

Poids des investissements
Importance de la qualité de l'emplacement
Intensité de la concurrence

VIE PRIVÉE

Niveau de rémunération
Degré des contraintes horaires
Facilité de remplacement

Ces dernières années, les professionnels du transport de voyageurs par taxis évoluent dans un secteur en profonde mutation.

Sur le plan conjoncturel, la politique de maîtrise des dépenses de santé menée par les pouvoirs publics (les taxis représentent près de la moitié des dépenses de transport sanitaire), la rationalisation des frais de déplacement des entreprises ainsi que les arbitrages budgétaires des ménages sont autant de facteurs qui pèsent sur l’activité des professionnels.

Par ailleurs, les politiques publiques de transports favorisent le développement des modes collectifs (meilleure couverture grâce aux offres multimodales) et des modes doux (vélos notamment), alors même qu’on assiste au développement d’offres alternatives, comme le transport partagé ou le covoiturage.

Enfin, le développement des acteurs du VTC a contribué à renforcer les pressions concurrentielles au sein du secteur.

Afin d’encadrer davantage l’activité des VTC et de moderniser la profession, de nouvelles dispositions législatives ont été adoptées en 2014 (loi 2014-1104 du 1er octobre 2014). Cette loi conforte le monopole des taxis (maraude électronique réservée aux seuls taxis, courses sur réservation préalable pour les VTC, retour obligatoire des VTC au siège de l’entreprise après une course) et tend à renforcer leur attractivité (véhicules équipés d’un terminal de paiement par carte bancaire, mise en place d’un registre de disponibilité des taxis permettant leur géolocalisation, modernisation des bornes et des stations de taxis, couleur unique des véhicules, etc.).

Malgré un renforcement de la législation, les artisans-taxis sont aujourd’hui contraints de rejoindre les centrales et groupements qui proposent un référencement sur les applications pour smartphones (localisation des véhicules à proximité). Pour répondre aux nouvelles attentes des clients, ils doivent aussi monter en gamme (wifi dans les véhicules, mise à disposition de bouteilles d’eau etc.).

Tendances

L’activité des professionnels du secteur a été très pénalisée par la crise sanitaire en 2020 : baisse de la mobilité des particuliers et des professionnels, effondrement de la fréquentation touristique, fermeture des bars, des restaurants, des discothèques et des lieux de culture. Beaucoup de professionnels ont sollicité un conventionnement auprès de l’Assurance Maladie afin de diversifier leur activité vers le transport de malades. Toutefois, la baisse du volume de transport sanitaire (déprogrammation des soins, renoncement aux soins par les patients) n’a pas permis d’amortir la chute de leur activité. Dans ce contexte, le chiffre d’affaires en valeur du secteur s’est effondré de près de 25% en 2020.

En 2021, le rebond d’activité sera conditionné par l’évolution de la situation sanitaire et par les mesures prises par les pouvoirs publics (couvre-feu, confinement, limitation des déplacements, fermeture des frontières, etc.).

L'oganisation du marché

Le secteur des taxis est segmenté par les professionnels :

Selon la catégorie professionnelle :

  • Les taxis (55 000 licences) : ils doivent obtenir une autorisation de stationnement et ont l’exclusivité de la maraude (dans la rue ou par voie électronique).

  • Les VTC (véhicule de transport avec chauffeur) : ils ne peuvent prendre que des courses ayant fait l’objet d’une réservation préalable. Le stationnement à proximité des aéroports ou des gares est interdit (obligation de retour au siège de l’entreprise après une course).

  • Les motos-taxis : depuis la loi 2014-1104 du 1er octobre 2014 les chauffeurs de motos-taxis doivent être titulaires d’un certificat de capacité professionnelle et justifier d’une expérience en conduite de deux roues d’au moins trois ans.

 Selon le statut professionnel :

  • Les artisans-taxis (80% des taxis) sont propriétaires de leur voiture et de leur licence. Ils travaillent pour leur propre compte. En zones urbaines, ils sont souvent affiliés à une société de radio qui leur permet de diminuer les temps d’attente et les trajets à vide.

  • Les locataires-gérants (11% des taxis) louent à une société de taxis  un véhicule équipé et comprenant la licence. Ils sont assimilés à des travailleurs indépendants. A noter, le statut de locataire simple a été supprimé depuis le 1er janvier 2017 au profit de la location-gérance (loi 2014-1104 du 1er octobre 2014).

  • Les salariés (3% des taxis) perçoivent 30 % de la recette compteur auxquels s’ajoutent un fixe quotidien et les pourboires. Le véhicule et la licence appartiennent à l’employeur.

  • Les actionnaires (6% des taxis) sont propriétaires de leur véhicule et possèdent des parts dans une société qui en retour leur fournit la licence.

NOMBRE D’ENTREPRISES DU SECTEUR

2018

68 324 (1)

CHIFFRE D’AFFAIRES DU SECTEUR (EN MILLIARDS D’EUROS)

2018

3,993 Md€ (2)

ÉVOLUTION DU CHIFFRE D’AFFAIRES DU SECTEUR EN VALEUR (INDICE ICA BASE 100 EN 2015)

2020

2019

2018

2017

2016

2015

2014

2013

2012

2011

2010

107,6 (3)

142,2

130,4

116,4

106,4

100,0

93,6

90,3

86,7

81,5

77,1

(1) Source : INSEE, démographie des entreprises et des établissements 2018 – champs marchand non agricole, Stocks d’entreprise au 31 décembre 2018, « Transports de voyageurs par taxis ».

(2) Source : INSEE, Esane, « Transports de voyageurs par taxis ».

(3) Source : INSEE, Bulletin statistique, « Transports de voyageurs par taxis ».

Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 19 mai 2021

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