Ouvrir un bar : démarches, budget, statut Dernière mise à jour le 23/10/2020

Ouvrir un bar : le guide complet

Vous avez toujours rêvé de tenir votre propre bar, avec une ambiance bien à vous, un concept unique… Précisez votre idée, définissez la bonne stratégie commerciale, construisez vos outils financiers grâce à notre guide complet pour ouvrir un bar

Etape 1 : Trouver le concept de son bar

Vous avez peut-être déjà une certaine idée de ce que sera votre bar. Derrière votre projet se cache surement un concept bien personnel, une vision plus ou moins précise de ce que vous voulez proposer. 

Qu’allez-vous servir ? Quelle atmosphère se prêterait-elle le mieux à votre projet ? Quels sont les éléments qui pourraient séduire vos clients ?… Commencez par visualiser et préciser tout ce que vous aimeriez voir dans votre bar. De quel type sera-t-il ? 

Parmi les concepts les plus courants, on pourrait compter : 

  • Le bar-tabac : grand classique, vous pourrez lui donner une ambiance toute personnelle pour bien accueillir les habitués. Format plus spécifique qu’un bar, le bar-tabac est considéré comme un commerce, et donc soumis à une règlementation bien précise. 
  • Les bars à vin/ à bière : traditionnel, le concept est assez répandu et selon l’emplacement, la concurrence est largement présente. 
  • Le café librairie : De plus en plus répandu, on y vient passer du temps pour savourer un bon livre dans une ambiance cozy. Il se rapproche du salon de thé pour ses petites gourmandises : allez-vous aussi servir des pâtisseries ? 
  • Un bar à jus / bar à soupes / bar à smoothies : Original, Healthy, ils fleurissent dans les centres-villes. Le concept a le vent en poupe.
  • Un bar à chat : venu de Corée du Sud, il accueille de nombreux chats qui viennent se pelotonner sur vos genoux pendant que vous sirotez un café. Si la clientèle est très ciblée, l’effet anti-stress est assuré. 

La définition du projet vous aidera surement à trouver le nom de votre bar, si vous ne l’avez pas déjà en tête.

Une fois que vous avez déterminé le type de boissons et d’à-côtés que vous proposerez, pensez à l’emplacement, en cohérence avec votre concept et à votre cible privilégiée. Pour mieux connaître celle-ci, il vous faut réaliser une étude de marché. 

Etape 2 : Construire une étude de marché

Etape incontournable pour tout entrepreneur, l’étude de marché permet de mieux connaître les tendances et d’aiguiller le projet dans le bon sens. Choix de l’emplacement à privilégier, cible à séduire, stratégie des concurrents et petit plus à proposer… l’étude de marché donne de nombreuses clés de réussite. 

Une étude de marché s’articule en général sur une structure en trois parties : 

  • L’analyse des tendances du marché sur lequel vous vous positionnez, d’une manière globale et plus précisément sur un secteur géographique plus précis, qui sera votre zone de chalandise. Taille, volume des ventes, chiffre d’affaires moyen, réglementation spécifique… documentez vous auprès des chambres consulaires et instituts spécialisés. 
  • Analyse de la demande, soit de la cible : qui seront vos futurs clients ? Dans quelles conditions et pourquoi fréquentent-ils des bars ? Plus particulièrement, quels types de bar ? 
  • Analyse de l’offre existante : Qui est la concurrence ? que propose-t-elle ? Etudiez vos concurrents directs et indirects de près : comme avec vos clients potentiels, allez à la rencontre de vos futurs concurrents et soyez observateurs. Tous les détails comptent.

Pour construire votre étude de marché, aidez-vous de deux de nos outils : nos informations sur le marché du bar – débit de boisson et notre guide sur comment réaliser une étude de marché.

Etape 3 : Définir son activité

Vous avez l’idée, vous connaissez mieux le marché et ses tendances, vous pouvez désormais voir plus clair dans votre future activité et commencer à établir une stratégie commerciale solide. Construisez votre offre, établissez vos formules et les tarifs correspondant. 

Pensez aussi à vos fournisseurs : Auprès de qui allez-vous vous approvisionner ? quels seront les tarifs ? Anticipez aussi la logistique. 

Déterminez aussi vos besoins en personnel : vous faudra-t-il des salariés ? 

Retrouvez plus d’informations sur notre page dédiée à l’activité du bar – débit de boisson

Retrouvez également toutes les questions et les précisions quant à la définition de votre activité grâce à notre dossier compet « Définir votre activité » 

Etape 4 : Prévoir le budget pour ouvrir son bar

Acquisition d’un local, achat de matériel, reprise d’un fonds de commerce… définissez tous vos besoins en financement en établissant le budget prévisionnel de votre projet. 

Il se construit au travers de différents tableaux comptables dont : 

  • Le plan de financement, avec un plan initial et un plan sur 3 ans. Il vérifie l’équilibre entre les besoins et les ressources de votre futur bar.
  • Le compte de résultats prévisionnel qui vous permet d’anticiper votre résultat net sur une période de 3 ans. 
  • Le plan de trésorerie prévisionnel, pour mieux estimer la capacité de votre activité à faire face aux périodes creuses et anticiper les décaissements prévus pour éviter les soucis de trésorerie. 
  • Le bilan prévisionnel, qui anticipe l’état du patrimoine de l’entreprise ici à chaque fin d’exercice comptable, sur 3 ans. Il pose d’un côté les actifs, soit ce que l’entreprise a, et de l’autre les passifs, soit ce que l’entreprise doit. 

Les tableaux comptables donnent les informations majeures pour non seulement ouvrir votre bar mais aussi assurer sa pérennité dans le temps : ils doivent être construits avec soin et précision. N’hésitez pas à demander l’aide d’un expert- comptable ! 

Etape 5 : quel statut juridique choisir pour ouvrir un bar ?

SARL et EURL

La SARL – Société à responsabilité limitée – est la forme sociale la plus répandue pour ouvrir un bar. Elle offre un cadre légal précis sécurisant au moment de la création de la structure comme dans son évolution. Les formalités sont réduites, et le statut du gérant peut être choisi : 

  • S’il est associé majoritaire, il est un travailleur non salarié – TNS -, avec des cotisations sociales moindres
  • Associé minoritaire ou non associé, le gérant du bar est assimilé salarié : avec des cotisations sociales plus élevée qu’en statut TNS, il bénéficie d’une meilleure protection sociale – hormis pour les droits à l’allocation Chômage.  

Le statut de SARL permet aussi d’investir et de faire évoluer son projet tout en protégeant son patrimoine. La responsabilité est limitée aux apports : en cas de dette à rembourser, les biens des associés ne sont engagés qu’à hauteur de leur participation au capital de la société. 

Enfin, créer une SARL est aussi possible lorsqu’on est seul : l’EURL – Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée est une SARL à un seul associé. Elle peut bénéficier d’une fiscalité allégée sur l’IS – Impôt sur les sociétés. 

SAS et SASU

Récente, la SAS – Société par action simplifiée – est un statut plus souple que la SARL, mais plus compliqué à créer. 

Comme la SARL, la responsabilité des actionnaires reste limitée aux apports. 

Capital minimal, organisation et gestion… aucune règlementation spécifique ne s’applique aux statuts, ce qui laisse beaucoup plus de liberté dans la création de la société. C’est aussi ce qui la rend plus difficile à créer : vous fixez vous-même votre propre cadre. Plus facilement qu’en SARL, la SAS permet donc de créer des projets de plus grande ampleur, ou de faire évoluer son projet sur le long terme. La SAS est un statut qui se prête à la création d’une franchise ou d’une chaîne de bars, d’une marque… 

Vous pourrez aussi créer votre SAS en étant seul entrepreneur. La SASU – Société par action simplifiée unipersonnelle – est une SAS dont vous serez le seul actionnaire. 

L’entreprise individuelle

Si vous ouvrez votre bar seul, vous pourrez aussi créer une entreprise individuelle. Beaucoup plus simple à créer, à gérer et à administrer qu’une société, elle est aussi une forme sociale plus risquée : en cas de créances, votre patrimoine personnel peut être engagé, dans la mesure où il n’est pas séparé de celui de l’entreprise. 

L’EI se prête donc mieux aux petits projets aux investissements plus réduits.

Etape 6 : rédiger son business plan

Vous avez désormais toutes les informations nécessaires pour mener à bien votre projet : rassemblez votre étude de marché et tout vos prévisionnels financiers dans un business plan. Il servira à convaincre vos futurs partenaires et investisseurs, à communiquer sur votre projet, mais aussi, plus tard, à mieux piloter votre affaire. 

Retrouvez comment bien construire et rédiger votre business plan grâce à notre dossier dédié au business plan.

Etape 7 : connaître la réglementation spécifique à son bar

D’une manière générale, l’ouverture d’un bar est très règlementée. Vous devrez : 

  • Obtenir une licence de débit de boisson : Il en existe de trois types, selon les boissons proposées – alcoolisées ou non. 
  • Faire un stage et obtenir le permis d’exploitation, qui doit accompagner la licence de boisson. Le stage vous informera de toutes les réglementations applicables. 
  • Répondre aux normes d’hygiène et sécurité : accessibilité, interdiction de fumer et signalisation, 
  • Informer le consommateur : affichage des menus, provenance des produits, « fait Maison », vidéosurveillance, conditions de paiement… 

Selon son concept, votre bar peut en plus être soumis à une réglementation plus spécifique : Droit de terrasse pour l’exploitation d’une terrasse, déclaration SACEM pour diffusion de musique…  En savoir plus sur la réglementation du bar – débit de boisson.

Etape 8 : Trouver le local idéal pour accueillir votre bar

Bar ambulant, brasserie sur une grande avenue, bar en terrasse… il vous faut trouver l’endroit parfait pour accueillir votre concept. 

Parmi les solutions pour installer votre projet, vous aurez : 

  • Reprendre un bar déjà existant en rachetant un fonds de commerce. Votre clientèle est donc déjà faite, et vous pourrez conserver, si vous le souhaiter, les installations déjà existantes. Attention, si vous souhaitez modifier le concept et l’ambiance du bar, la clientèle ne vous suivra peut-être pas. Vous aurez éventuellement à vous acquitter d’un droit au bail. 
  • Acquérir ou louer un local : en achetant un local, prévoyez des travaux de mise aux normes, l’installation d’une cuisine, l’achat de matériel et l’aménagement. En location, il vous faudra signer un bail commercial, souvent de type 3-6-9. Prévoyez éventuellement un Pas de porte pour la mise à disposition des locaux. 
  •  Vous pourrez aussi reprendre un local déjà occupé par un autre commerce : il vous faudra peut-être reprendre le bail en cours en vous acquittant d’un droit au bail.

Dernière étape : Se lancer

Tout est prêt, votre bar n’est plus qu’une simple idée. Organisez un rétroplanning des tâches à réaliser avant ouverture : travaux, décoration, communication. 

En parallèle, lancez toutes les démarches administratives pour lui donner vie : 

  • La création de votre société ou votre entreprise : rédaction des statuts, demande d’immatriculation, déclaration d’activité auprès du CFE – Centre de Formalité des entreprises – compétent, publication d’une annonce légale…  
  • L’obtention d’une licence et d’un droit d’exploitation
  • La déclaration d’ouverture, auprès de la mairie de la commune où vous installez votre bar. Celle-ci doit être réalisée dans le mois de l’ouverture de votre établissement. 

Votre projet est prêt à voir le jour ! 

 

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Pour parfaire votre connaissance du secteur d’activité sur lequel vous souhaitez vous lancer, le Crédit Agricole met à votre disposition plus d’une centaine de fiches d’informations sectorielles.

Ces outils, utilisés également par les experts du Crédit Agricole, compilent les informations nécessaires à la construction de votre business plan et à la maîtrise de votre marché. Vous y trouverez des données clés sur votre marché, ses atouts et ses freins, les indicateurs standards le caractérisant ou encore sa réglementation.

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