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Entretien avec Clémentine, Fondatrice de La Cueillette du Colibri à Annecy

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Par Théophile Rousseau

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07 juin 2021

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3 min.

drive sans déchet

Clémentine nous livre ici son parcours inspirant, alors qu’elle a récemment lancé La Cueillette du Colibri, une offre de drive certifié zéro déchet à Annecy.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et nous parler de votre entreprise (date de lancement, concept, localisation, ...) ?

Je m'appelle Clémentine, j'ai 28 ans et j'ai créé La Cueillette du Colibri , le 1er drive zéro déchet de Haute-Savoie. Nous avons ouvert le 5 octobre 2020 à Annecy. 

Diplômée d'un master en commerce international, j'ai occupé plusieurs postes d'acheteurs, responsable commercial et key account manager dans l'agroalimentaire et la grande distribution avant de me lancer. Il y a 3 ans je perds mon conjoint d'un cancer de l'intestin fulgurant. Cette horrible maladie m'aura fait prendre conscience du rôle de l'alimentation sur notre santé, de toutes les substances nocives que nous ingérons avec le plastique, les pesticides, les sulfates et autres perturbateurs endocriniens. Quelques mois après, je lis le livre de la Famille Zéro Déchet. 

Je décide de me mettre à ce concept, et réalise que cela représente beaucoup de contraintes. 

Je cherche alors un moyen simple de faire passer tout le monde au zéro déchet, au local et au bio. Souhaitant que tout le monde puisse avoir cette prise de conscience et puisse s'alimenter sainement et simplement, et ainsi diminuer le risque de cancer,l'idée d'un drive surgit. En faisant quelques recherches, je tombe sur la campagne Ulule du Drive Tout Nu de Toulouse. Je me dis que c'est fini, que j'arrive trop tard : ils veulent se franchiser, et ont beaucoup d'ambition...Puis vient le premier confinement, je me retrouve alors au chômage partiel. Pour contrer l’ennui, les étapes se succèdent : un business plan, une étude de marché, un prévisionnel, une rencontre avec un cabinet comptable... finalement, je demande une rupture conventionnelle en juin 2020 à mon patron. Les statuts sont déposés le 13 juillet 2020, et je recherche un local, une banque, des financements. Enfin, nous voilà installés pour une ouverture en octobre ! Depuis six mois, nous travaillons principalement avec des producteurs locaux (dans un rayon de 150 km autour d'Annecy), Bio, français, engagés, et sans déchets d'emballage jetable pour le consommateur. 

Clémentine Fondatrice de La Cueillette du Colibri à Annecy

Qu'est-ce qui vous a motivé pour devenir entrepreneur ?

Mon projet est avant tout une cause qui m'anime vis-à-vis de mon vécu. Je souhaite que tout le monde puisse se nourrir sainement, avec des produits locaux et bio, qui ne rendent pas malade et qui soit aussi bon pour notre planète. Je voulais faire quelque chose de mon vécu, de ma douleur, de ces convictions ancrées en moi et de les mettre au service des Annéciens. 

Comment votre décision de vous lancer a-t-elle été perçue par votre entourage au départ ?

Mon entourage a eu peur, surtout mes parents. Je quittais un CDI bien payé, avec des avantages, pour me lancer dans l'entrepreneuriat sur un concept innovant et "écolo". Ils ont sûrement cru que c'était une lubie. Mon père m'a dit : "Ouvre plutôt un blog pour parler de ton mode de vie, c'est une niche ton truc". Bref, il n'y ont pas compris grand-chose. Le seul qui m'a soutenu, c'est mon compagnon actuel : il en avait marre de me voir faire un boulot qui ne collait pas avec mes valeurs, où je ne trouvais clairement aucun sens. Il est vrai qu'après avoir perdu mon conjoint, j’ai ouvert les yeux sur ce qui a du sens, et du coup la barre a été placée assez haute.

Quelles difficultés avez-vous rencontré pour lancer votre entreprise ? La crise du covid a-t-elle eu un impact sur votre lancement ou sur votre activité ?

Des difficultés il y en a eu plusieurs. La première est de trouver une banque, valider les dossiers et les étapes de financement. Aussi, un mois avant l'ouverture, le directeur régional (qui était le dernier maillon de la chaîne de validation), refuse. J'ai dû alors repartir à zéro dans la recherche d'une banque. J’ai dû alors trouver d'autres financements via le réseau “entreprendre” notamment, et être lauréate de ce réseau. À ces difficultés s’ajoutent le lancement et la gestion d’une campagne de crowdfunding. Il a également fallu trouver un local bien placé, avec un parking, et "abordable” (Annecy est une ville très chère). Pour la petite histoire, j’ai été contrainte de changer de local un mois avant l’ouverture à cause d'un voisin qui a refusé que je m'installe pour une soit disant “concurrence indirecte”. Enfin, il a été nécessaire d’assumer de multiples casquettes : trouver tous mes fournisseurs un à un, recruter, créer un site web, devenir à la fois community manager, chef d’entreprise, RH, informaticienne...

Quels conseils donneriez-vous à de futurs entrepreneurs ?

Se faire accompagner est nécessaire lorsque l'on monte une entreprise, par son entourage mais aussi par des professionnels : savoir que l'on n’est pas seul, que l'on peut partager nos doutes, nos peurs, nos questions et notre expérience avec des personnes qui ont déjà entrepris. 

Aussi, il faut entendre ce que les autres ont à dire, mais ne pas trop les écouter non plus ! Parce qu'au final c'est toi qui connait ton entreprise,et qui sait ce que tu veux en faire ! Enfin, il ne faut rien lâcher lorsqu'il y a un cailloux sur la route, il y en a tout le temps ! Et c'est ici où le pourquoi est important, la raison de monter ton entreprise. Si ce n’est pas quelque chose qui t'anime, que tu aimes vraiment, alors au premier pépin tu lâcheras. 

C'est le moment de la promotion personnelle : avez-vous un site Internet ou une page Facebook que les lecteurs pourraient aller consulter ?

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Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 10 septembre 2021

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