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Rencontre avec Émilie Bures, photographe de mariage professionnelle dans les Côtes d'Armor

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Par Théophile Rousseau

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28 juin 2021

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4 min.

émilie
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La parole est à Emilie, photographe de mariage passionnée. Elle nous raconte son parcours et les débuts de son activité. 

Bonjour Émilie, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? 

Je m’appelle Émilie, je suis photographe spécialisée dans la photographie de mariage depuis juin 2020. J’habite dans les Côtes d’Armor et j’exerce mon activité principalement dans cette région. 

Ma passion est avant tout de rencontrer des gens et transmettre des ambiances et des émotions grâce aux portraits photos. En ce sens la photographie de mariage est très enrichissante et elle complète mon activité de photographe plus « artistique ». 

Que faisiez-vous avant de vous lancer dans cette activité ?

Après un Master en arts plastiques, j’ai travaillé dans différents endroits mais aucun métier ne me passionnait vraiment. Le fait d’entrer dans une certaine routine dès les débuts de mes emplois me paraissait trop éloigné de mes aspirations. Je m’ennuyais. Pourtant j’en ai profité pour mettre un peu d’argent de côté, acheter du matériel et me laisser un « matelas de sécurité » pour les premiers mois de la création de mon activité. 

Vous avez créé votre activité il y a un an en pleine pandémie, cette crise a-t-elle impacté votre croissance ?

Oui et non. Forcément, il y avait moins de mariages mais je pense que Covid ou non, les débuts d’activités sont compliqués pour tous les entrepreneurs. Il faut notamment se constituer une clientèle et cela prend du temps. 

Et puis ces derniers mois m’ont permis avant tout de me former. De travailler mon réseau aussi. Ainsi, mon activité a réellement commencé récemment, au mois de mai 2021.

Parlez-nous des étapes de la création de votre projet (financement, business plan, étude de marché...) ? Avez-vous été aidée pour la création de votre entreprise ?

Il a fallu trouver le statut adéquat pour mon entreprise ! En tant qu’artiste-auteur, il y a des spécificités et je ne peux pas bénéficier du statut de micro-entrepreneur. Le statut artiste-auteur est un peu particulier, il se cumule avec un statut d’entrepreneur individuel (EI) en régime BNC (mais pas une micro-entreprise).

Cela me permet d’une part de proposer des prestations à mes clients et d’autre part, de vendre mes créations (lorsque j’expose mes photographies). 

Avant de lancer les démarches administratives, j’ai travaillé ma communication. Notamment via les réseaux sociaux. C’est selon moi l’étape la plus importante, afin d’avoir de la visibilité. 

Je n’ai pas fait de réelle étude de marché mais je suis passée par les services de jesuisentrepreneur.fr pour m’aider dans la création de mon business plan ! 

Ça a été très utile et ça m’a permis de construire le projet de manière claire.

Merci ! Comment avez-vous trouvé vos premiers clients ? Qui sont-ils ?

Je savais que ça ne serait pas simple mais je savais où j’allais. La gestion de l’activité, comme la communication (notamment via Instagram) peuvent donner de bons résultats sans investissements financiers, mais cela prend du temps. Beaucoup de temps. Il faut faire des choix ! 

J’ai utilisé ce temps à bon escient en constituant ma clientèle au fur et à mesure. Par exemple, en diffusant un peu de publicité sur Facebook ou en organisant des concours Instagram. 

Ma stratégie était notamment de faire gagner des shootings photos à des membres de ma communauté et même de travailler « gratuitement » au début. 

Mais très vite, le bouche-à-oreille à fait son œuvre. Un couple avec qui j’ai travaillé m’a recommandé à un autre couple qui préparait son mariage, etc.

Je dirais qu’il faut aussi savoir s’adapter. L’hiver par exemple, parce qu’il y a moins de mariages, j’ai pu travailler en profondeur ma communication et mon travail s’est plus rapproché d’un travail de community manager. Mais j’aime ça, les réseaux évoluent vite et il faut sans cesse se former. C’est très stimulant !

Quel petit « plus » proposez-vous avec votre activité ? 

J’aime beaucoup les portraits pris sur le vif. J’essaye donc de transmettre un réel univers qui correspond à chaque client. Il y a une ambiance particulière pour chaque mariage et en alternant des photos guidées (plus mises en scènes) avec d’autres photos prises sur le vif, je pense arriver à transmettre ces univers. 

En plus de cela, je suis réellement à l’écoute et j’apporte une prestation sur-mesure pour chaque évènement.   

Émilie Bures

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées au cours de cette aventure ?

La principale difficulté a été le choix du statut de mon activité. Mon statut d’artiste-auteur me permet de vendre des photos « artistiques » et mon statut d’entrepreneur individuel, de vendre de la photo sociale (donc de mariage par exemple). 

Je me suis d’ailleurs faite accompagner par la Chambre des Métiers et d’Artisanat (CMA), notamment pour l’immatriculation de ma société et l’administratif. 

Enfin, il existe des mécanismes de crédit avantageux pour l’achat de matériel par exemple. On y pense peu par peur de s’endetter avant même de facturer des clients, pourtant à la réflexion, opter pour un crédit au lancement de mon activité aurait pu être intéressant pour moi.

Se former aux réseaux sociaux a aussi été un gros challenge. 

D’ailleurs, comment exercez-vous cette activité ? Avez-vous un studio ou un local professionnel ?

Aujourd’hui je travaille de chez moi et évidemment, sur place lors des mariages. Je prévois d’investir dans un local / studio, ne serait-ce que pour accueillir des clients et notamment en hiver. Jusqu’à présent, mes clients me demandent d’organiser les shootings en extérieur. Notre région est magnifique et ils cherchent des ambiances et des paysages plus que la neutralité d’un intérieur. Mais avoir un local dédié à cette activité changera mon quotidien et me permettra d’isoler ma vie professionnelle et ma vie personnelle.

Qu’est-ce que cette expérience vous apporte et vous apprend sur vous ?

La responsabilité. Il y a du bon et du mauvais dans le fait d’être responsable mais je pense que c’est une condition de la liberté. C’est aussi très gratifiant et stimulant de livrer un travail bien fait et de voir le client heureux.   

Aujourd’hui, je m’épanouis dans une voie extrêmement différente de ma vision d’enfant par exemple. Lorsque j’étais enfant, je pensais qu’il fallait bien travailler pour avoir un emploi et possiblement le garder toute sa vie. Ma vision a évolué bien sûr et je me rends compte que l’entrepreneuriat permet de nombreuses possibilités.

C’est typiquement le genre de vie qu’il me fallait. 

Quel conseil donneriez-vous aux futurs entrepreneurs qui se lancent ?

Selon moi il faut penser à communiquer rapidement, dès le début de l’activité. Que l’on soit un artisan, un photographe mais aussi entrepreneur en général, il faut communiquer pour vite avoir des clients. Enclencher le bouche-à-oreille. Et puis continuer à se former ! Devenir meilleur. 

J’apprends beaucoup des photographes américains. Aussi bien dans la façon de communiquer que dans le contenu, certains photographes sont une vraie source d’inspiration. C’est aussi vrai dans l’entrepreneuriat en général, il y a outre Atlantique une vision plus décomplexée du business et il ne faut pas hésiter à s’en inspirer.

S’inspirer d’autres pays nécessite aussi de parler une autre langue, c’est aussi primordial à notre époque.

Vous pouvez retrouver le travail d’Émilie et ses services, sur :

Site web

Instagram

Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 10 septembre 2021

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