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Rencontre avec Sébastien Figard, fabricant d’objets en bois en Franche Comté.

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Par Théophile Rousseau

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02 juillet 2021

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3 min.

reflet bois
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La parole est à Sébastien qui fabrique et vend des petits objets en bois, issus de son savoir-faire qu’il exerce dans la région de Franche Comté. 

Bonjour Sébastien, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour ! Je m’appelle Sébastien, j’ai 45 ans et je suis père de deux enfants. J’habite dans le massif du jura à 20 km de la frontière suisse. C’est une région où le travail du bois prend une place importante dans l’économie locale. J’ai d’ailleurs eu une carrière dans cette filière puisque je suis menuisier depuis plus de 20 ans, j’ai notamment travaillé à la construction de charpentes, des maisons d’ossature en bois, de l’agencement, etc. Et puis un jour je me suis lassé, j’avais besoin de changement, de donner une direction différente à ma carrière. 

Comment est né votre projet entrepreneurial ? À qui s’adresse-t-il ?

Avant de créer mon projet actuel, j’étais associé avec un ami dans une affaire de découpe laser. Cette entreprise générait 3 millions de chiffre d’affaires et tournait bien, mais je ne me sentais pas à l’aise dans cette activité. Je cherchais davantage à aller à mon rythme.

À la suite d’un accident, ma convalescence m’a fait réfléchir et me questionner sur ce que je souhaitais mettre en place. J’ai donc allié ma passion pour les nouvelles technologies et le travail du bois pour fabriquer des petits objets, ustensiles, jeux, goodies et même des meubles de petite taille. J’allie les outils traditionnels de menuiserie aux outils plus modernes assistés par ordinateur par exemple. Cela me permet d’être plus réactif aux demandes clients mais aussi de proposer des pièces complexes à réaliser seulement à la main. 

Je propose mes créations aux clients locaux mais aussi aux touristes en visite dans la région.

Quel est votre petit « plus » par rapport aux autres ?

Il y a beaucoup de boisselleries (qui fabriquent et commercialisent des objets en bois) dans la région mais la plupart effectuent de l’achat-revente. Je me différencie en gardant l’aspect artisanal, en me fournissant en bois massif localement et surtout en personnalisant les objets que je fabrique. J’aime proposer des produits sur-mesure avec une certaine âme, spécifiques à chaque client. Cela est possible grâce à ma connaissance du matériaux, de la technique et des outils numériques.

reflet bois

Quelles ont été les étapes de création de votre projet ?

J’ai d’abord été accompagné par le réseau d’accompagnement BGE pendant un mois. C’était un accompagnement groupé qui m’a bien aidé dans les bases du business plan tout en restant autonome dans sa rédaction. 

Très vite j’ai aménagé mon garage en atelier et j’y travaille toujours aujourd’hui. Ma prochaine étape de développement consiste à acquérir un local mixte (vitrine et atelier) rapidement, afin de pouvoir pérenniser mon activité et recevoir des clients. En attendant, je communique en ligne via mon site internet et Facebook principalement. Mais ce qui fonctionne le mieux pour moi, reste le bouche à oreille dans la région. Les clients me recommandent à leur entourage. 

Vous dites vouloir aller à votre rythme, quelles sont les prochaines étapes de développement de votre activité ?

La saison estivale va jouer un rôle important pour la vente de mes créations. Je compte être présent sur plusieurs marchés artisanaux et attirer une clientèle touristique (française principalement mais pas seulement). 

Je ferai le point à la rentrée, notamment pour voir si je fais évoluer mon statut d’auto-entrepreneur en société, même si évidemment je souhaite garder une production artisanale, loin de ce que pratique l’industrie (ça, ça ne changera pas). 

Quels bénéfices personnels tirez-vous de cette activité ? Qu'avez-vous appris de cette expérience ?

Je suis ravi d’avoir fait ce choix après mes différentes expériences. Je ne suis pas fermé au fait de redevenir salarié un jour, mais j’éprouve une certaine fierté d’avoir franchi toutes ces étapes. Cette activité m’apporte une réelle liberté dont j’avais besoin. 

Je dois dire qu’au début, comme beaucoup, j’ai cru que les clients allaient venir tout seul pour la qualité de ce que je proposais. Bien sûr, ça ne fonctionne pas comme ça ! Internet est un peu un trompe l’œil à ce niveau. En tous cas, c’est l’idée que je me faisais avant de me lancer. 

À ce propos, quelles ont été les autres difficultés que vous avez rencontrées au cours de cette aventure ?

Je vais me référer à ma précédente activité de découpe laser. Je me suis lancé sur un coup de tête avec mon ami. J’ai vite remarqué que je le projet me portait et non l’inverse. Je ne trouvais pas de cohérence malgré le fait que l’activité tournait vraiment bien. Alors je me suis laissé happer par la taille du projet.

Ma nouvelle activité est plus adaptée à mon rythme de vie. En fait, je souhaite rester au contact du bois et du geste artisanal. Je ne brûle pas les étapes et j’y trouve un certain équilibre. 

Quel conseil donneriez-vous aux futurs entrepreneurs ?

Je conseillerais de foncer tout en se posant les bonnes questions. Foncer en gardant un certain recul sur ce que l’on fait et où l’on souhaite aller. Mais foncer tout de même, car beaucoup ne passent jamais à l’action alors que créer une activité est accessible à tous. 

D’autre part, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner dès lors que l’activité prend de l’ampleur. Rencontrer des gens qui nous tire vers le haut et célébrer les petites réussites comme les grandes. 

Enfin, je dirais qu’il faut se ménager pour continuer à prendre les bonnes décisions. Pour cela, l’entourage joue un rôle primordial. 

Retrouvez Sébastien et ses produits sur : 

www.refletbois.fr

www.facebook.com/Reflet.bois

Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 10 septembre 2021

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