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Interview de Maud, fondatrice de Cam & Léone à Amiens

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Par Théophile Rousseau

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04 juin 2021

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5 min.

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La parole est à Maud, dirigeante de Cam & Léone, entreprise spécialisée dans le commerce de box nail art (l’art de la décoration de l’ongle). Entre passion pour son métier et volonté de le rendre accessible à toutes et tous, elle nous livre son parcours d’entrepreneure et son expérience dans la création d’entreprise. 

Bonjour Maud, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs  ?

Bonjour, je m’appelle Maud, et je suis une ancienne styliste ongulaire, métier que j’ai exercé à mon compte pendant 5 ans. Maintenant, je propose sur Internet des boxes illimitées de nails, sans abonnement. Elles sont conçues  pour apprendre à qui souhaite se former à réaliser du nail art, de façon très facile. Ce sont des boxes complètes, avec un maximum de matériel, accompagnées  de tutos vidéo pas à pas, pour apprendre en toute autonomie. Le nail art signifie littéralement “l’art de l’ongle”, ça consiste à réaliser un dessin sur un ongle à des fins esthétiques ou artistiques. 

Super, et dans quelle région êtes-vous établie ?

Je suis installée à Amiens, dans les Hauts-de-France. J’exerce depuis mon domicile !

Et que faisiez-vous avant de vous lancer dans cette activité ?

J’ai un parcours un peu particulier, car mon tout premier job n’a pas été en tant que salariée ! J’ai commencé directement en tant que styliste ongulaire, pas tellement par choix, mais il n'y avait pas d'institut pour m’embaucher. Je me suis dis que si il n’y avait personne pour m’embaucher, je devais le faire toute seule ! J’ai arrêté cette activité car j’avais fait le tour au bout de cinq ans, j’en avais marre. Suite à cela, j’ai été responsable d'une boutique de prêt-à-porter à Amiens pendant 2 ans. Cela n’avait absolument rien à voir, mais je voulais faire complètement autre chose. Ensuite, je suis revenue à ma première passion, les ongles. J’ai alors lancé mon entreprise de boxes de nail art.

Depuis quand êtes-vous lancée ?

Je me suis lancée en septembre 2020. 

Quelles ont été les étapes de la création de votre projet (financement, business plan, étude de marché...) ? À qui vous êtes-vous adressée pour la création de votre entreprise ?

C’était une idée que j'avais en tête depuis très longtemps, cela se compte en années ! Je ne l’avais jamais mise en place, ça me semblait un peu “farfelu”. Finalement c’est, comme beaucoup d'autres, pendant le confinement j’y ai réfléchi plus sérieusement, et j’ai réussi à affiner mon projet. J’ai lu beaucoup de livres sur l'entrepreneuriat, je suis une autodidacte, je me renseigne par moi-même. J’ai suivi une masterclass en CCI pour me mettre à niveau sur la micro-entreprise. J’ai fait beaucoup toute seule, en recherchant de mon côté. Pour l'étude de marché, j’ai regardé sur internet les boxes qui existaient et les prix pratiqués.

Une chose intéressante à citer, c’est mon lancement participatif par la plateforme de crowdfunding Ulule. Ça a été important. Mais il ne faut pas croire qu’Ulule va vous donner tous les clients de la Terre ! Il faut déjà avoir sa propre communauté, car il y a de plus en plus de personnes sur ce genre de plateforme. En tant que personne optimiste, je croyais en la réussite de mon projet. Le pourcentage de financement a été atteint à deux jours de la fin de la campagne. Ça a été un mois très intense et stressant ! La première vente a eu lieu au bout de trois jours. Il ne faut pas avoir trop d’attente sur Ulule, en pensant que tout va se faire en claquant des doigts ; créer une landing page Ulule nécessite une longue préparation en amont. C’est un travail très prenant, sauf si on fait appel à une tierce personne pour le faire. Enfin, il est important de garder en tête que si personne ne vous connaît, rien ne va se lancer tout seul. 

Cam & Léone à Amiens

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre concept ? À qui s'adresse votre projet  ? Quel est votre petit "plus" par rapport aux autres ?

Dans chaque box, on trouve plusieurs vernis (au minimum deux), ainsi qu’un accessoire de nail art comme des pinceaux ou des stickers pour ongles. S'ajoutent également des articles de papeteries, comme une illustration à titre d’exemple ou une to-do list, dont les couleurs sont accordées au nail art de la box. Pour les débutants, il y a un un livret tutoriel comprenant des illustrations supplémentaires, ainsi qu’un QR code qui renvoie à une vidéo de 2 à 5 minutes, avec voix-off, expliquant de A à Z comment faire en livrant quelques astuces. 

La box se destine principalement aux femmes, de 25 à 40 ans. Cependant, je ne veux pas catégoriser, en disant que “le nail art c’est pour les femmes”. Si des hommes veulent s' y mettre, la porte est ouverte !

Aussi, je pense que mon expérience en tant que styliste est un plus pour la box. Elle est vraiment complète, j’ai fait en sorte que la cliente n’ait pas besoin de racheter un accessoire supplémentaire. Pour moi, c’était un important de proposer un produit utile dès la réception. Également, d’un point de vue éthique, je fais attention de mettre en option les vernis déjà proposés dans une box précédente. Une option est donc disponible au moment de l’achat : commander la box sans le vernis ou sans un accessoire qui aurait déjà été présent auparavant

Comment exercez-vous cette activité ? Avez-vous un local commercial ? À domicile ? Sur Internet ?

J’exerce depuis mon domicile, via mon site Internet, mais la majorité de la clientèle provient d' Instagram, qui est ma plateforme principale. J’utilise d'ailleurs Facebook pour “dupliquer” les posts Instagram.

Quels bénéfices personnels tirez-vous de cette activité ? Qu'avez-vous appris de cette expérience ?

J’apprécie beaucoup le fait d’aider les gens ! Je me suis aperçue que beaucoup de personnes rêvaient devant de beaux ongles sur Instagram ou Pinterest. Cela me tenait à cœur de leur montrer, clés en main, comment faire. Un autre plaisir pour moi, c’est quand les clientes qui reviennent me disent "j'ai réussi du premier coup” ! Cet aspect pédagogique me tient à cœur. 

Cette aventure a aussi mis à l’épreuve ma résilience : quand on exerce une activité non-salariée, il faut savoir s'accrocher. On compare souvent l’entrepreneuriat au sport, ce n’est pas un sprint mais une course de fond, il faut tenir jusqu’au bout ! Tout entrepreneur honnête vous dira qu’il y a “des jours avec et des jours sans”. Une journée peut devenir un vrai parcours de montagnes russes. Mais je suis heureuse de ce changement : si j’ai arrêté le salariat, c’est parce que je me suis rendu compte que je donnais trop, et que je trouvais ne pas avoir assez de considération en retour. 

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées au cours de cette aventure ?

 Selon moi, la chose la plus difficile, c’est de se faire connaître ; surtout sur Internet. Nous sommes de plus en plus nombreux, et j’ai l'impression que le COVID-19 a amené plus de personnes à souhaiter se mettre à leur compte. Sinon, je n’ai pas rencontré de difficultés en particulier, j’ai été accompagnée par Positive Planet, une association aidant les jeunes venant de quartiers difficiles à monter leurs entreprises. Je ne suis pas forcément dans leur “cible”, mais ils m’ont ouvert la porte pour m’accompagner sur la partie administrative. J’ai rapidement été lancée, et j'ai pu continuer seule de mon côté. 

Quel conseil donneriez-vous aux futurs entrepreneurs ?

Vous faire accompagner, et surtout créer votre communauté avant de vous lancer. On a tendance à se dire “je vais lancer mon produit et les clients viendront”, mais il faut une communauté de départ. Également, entourez-vous des bonnes personnes, celles pouvant vous aider et vous encourager à aller plus loin !

Vous pouvez retrouver Maud et Cam&Léone via : 

https://www.cameleonebox.com

Instagram : cameleonebox 

Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 09 septembre 2021

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