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Entretien avec Tony, fondateur de la SARL enthousiasTIC à côté de Poitiers

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Par Théophile Rousseau

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02 juillet 2021

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4 min.

enthousiasTIC
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Découvrez le parcours de Tony, fondateur d'enthousiasTIC à Poitiers, ainsi que sa vision de l'entrepreneuriat.

Bonjour Tony, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Tony et j’ai monté une boîte qui fait du conseil, de l'assistance et de la formation sur les infrastructures et la sécurité de l’information ! Je suis établi juste à côté de Poitiers. Ma situation a pas mal changé, je suis redevenu salarié dans le domaine de la gestion des infrastructures mais ma boîte est toujours active sur une petite partie formation.

Et que faisiez-vous avant de vous lancer dans cette activité ?

Avant cela j’étais salarié dans le secteur de l’informatique. J’ai toujours été dans ce domaine, mais je voulais faire ce que j’aime, et non pas pour une seule entité mais pour de nombreux clients différents. Mon objectif est de démocratiser la sécurité de l’information et des infrastructures !

Quelles ont été les étapes de la création de votre projet (financement, business plan, étude de marché...) ? À qui vous êtes-vous adressé pour la création de votre entreprise ?

Dans un premier temps, j’ai commencé en tant que micro-entrepreneur car une opportunité s’est présentée à moi. Cela s’est lancé tout seul, grâce au bouche à oreille. L’activité a pris de l’ampleur jusqu’au moment où il a fallu que je transforme ma structure en SARL. Ça fonctionnait tellement bien que je me suis dis que j’allais faire une croissance externe en rachetant une autre entreprise. J’ai donc fait appel à des cabinets comptables et spécialistes pour m’aider dans le business plan de ce rachat là. Malheureusement, cela a été complexe car toutes les informations auxquelles j’ai eu accès (par les comptables et autres conseillers) allaient dans des sens opposés ! Il a été difficile de faire la part des choses. Finalement, cette croissance externe ne s’est pas passée comme je l'aurais voulu car personne n’a été capable de déceler que les chiffres de la boîte que j’ai racheté étaient faux et qu’elle était sur le point de couler ! 

À qui s'adresse votre projet ? Quel est votre petit "plus" par rapport aux autres ?

C’est de l’informatique, enfin plus précisément de la sécurité de l’information réaliste ! Ce n’est pas une solution miracle faisant croire que l’on peut garantir la sécurité de ses données en achetant tel produit ou tel service ou même par miracle en réglant une facture. Je propose une offre qui se rapproche plus du tutorat ou du mentorat sur lequel j’aide les entreprises leur expliquant pourquoi elles doivent faire attention à leurs données et infrastructures, avec des mots simples, en vulgarisant ! C’est proche de la formation, cela permet de faire monter en compétences les personnes et de leur faire comprendre ce qu’ils font et au final, rendre la sécurité de l'information moins flou. 

Comment exercez-vous cette activité ? Avez-vous un local commercial ? À domicile ? Sur Internet ?

J’effectuais cela à distance ou je me déplaçais chez les clients. L’idée du rachat d’entreprise était d’avoir un local et d’en faire un centre de ressources du numérique. 

Quels bénéfices personnels tirez-vous de cette activité ? Qu'avez-vous appris de cette expérience ?

Il faut vraiment se faire sa propre opinion et monter soi-même en compétences. Être entrepreneur s’apprend et on ne peut pas toujours se fier à ce que l’on peut trouver comme conseils. Il faut apprendre à lire un bilan, suivre les bonnes recommandations (ex. Bpifrance). Je n’ai pas eu ces informations avant mais j’ai réalisé que toutes les infos qui s’y trouvaient étaient de l’or et qu’il fallait les suivre à la lettre, faire une check-list et avancer par petits pas, cocher chaque action une à une, l’une après l’autre !

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées au cours de cette aventure ?

Les principales difficultées furent d’ordre légales et sont toujours en cours notamment avec la personne m’ayant vendue la société. Quand on rachète une société avec un salarié qui gère la boutique au quotidien et que ce salarié vous annonce qu’il s’en va alors que c’est un peu le critère de base dans le rachat, c’est compliqué ! D’ailleurs, comme il a quitté la société et ça m’a permis de voir comment fonctionne Pôle Emploi du côté employeur :  l'embauche est complexe… trop… D’autre part, il faut être vraiment motivé pour racheter une entreprise ou être entrepreneur à son compte. Autre chose que j’ai découvert : la rémunération des dirigeants. Finalement, cela donne 70 à 80% de coûts sur la rémunération. Il faut donc compter 3x le chiffre d’affaires moins les charges fixes et variables pour enfin avoir une estimation réaliste de sa rémunération de dirigeant pour avoir une entreprise qui ne se mette pas en difficultés.. 

Quel conseil donneriez-vous aux futurs entrepreneurs ?

Pour le coup c’est le conseil que j’aurais aimé qu’on me donne et que je n’ai pas eu la chance d’avoir lorsque je me suis rendu à la CCI et la CMA, ni même la banque qui m’a prêté l’argent :  Réaliser un vrai business plan !! Lors de ma première expérience de créateur d’entreprise, il y a quelques années, je suis allé à la banque avec un business plan préparé aux petits oignons, celle-ci m’a répondu qu’il n’était pas important. J'étais donc resté sur ce point de vue, ce qui m’a valu des problèmes lors du rachat de cette entreprise que j’ai dû essayer de faire revivre en faisant mal à mon autre structure. Le deuxième conseil serait de ne pas trop se fier aux comptables car ils n'ont qu'une vision chiffrée de l’entreprise, ce qui peut être une vision erronée. Il faut savoir que les comptables n’ont pas tous une obligation de conseil ou d’analyse d’erreurs légales, enfin c’est ce que j’ai vécu : apparemment certains vous laisseront faire n’importe quoi. Et surtout avoir de l’argent de côté pour pouvoir remédier au fait que durant les premiers mois, un gérant ne peut pas se rémunérer : il faut vivre sans revenus car les charges obligatoires sont élevées et le chiffre d'affaires tarde à venir.  

Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 10 septembre 2021

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