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Entretien avec Nadia, fondatrice de Garage Handshaping à Nice

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Par Théophile Rousseau

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12 juillet 2021

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4 min.

Garage Handshaping
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Bonjour Nadia, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Nadia, j’ai 22 ans et je viens de terminer mes études. Jusqu’à présent j'étais en école de commerce où j’ai suivi un parcours marketing. J’ai toujours voulu entreprendre un projet, cela m’a toujours attiré, mais je ne savais pas trop dans quoi avant le confinement. Je voulais créer quelque chose de local aux couleurs du Sud et de son énergie. Nous avons donc, avec mon copain, mêlé nos aptitudes dans la conception et la fabrication de planches de surf à l’entrepreneuriat. Notre source de motivation était également de créer une communauté qui échange autour de ce sport que nous aimons tous, le surf. 

Et que faisiez-vous avant de vous lancer dans cette activité ?

J’ai eu la chance de beaucoup voyager à l’étranger, où j’ai appris à surfer. A la suite de mon voyage en Australie il y a eu la crise de la Covid, et comme la plupart des étudiants et la plupart des gens dans le monde, nous nous sommes retrouvés confinés. J’ai eu la chance de ne pas être confinée seule mais avec mon compagnon, qui était avec moi en Australie. Pour nous occuper, nous avons décidé de commencer à fabriquer des planches de surf. A la base, le but était de partager sur instagram un côté “Do It Yourself” artisanal, car nous  voulions mêler notre apprentissage du marketing à l’artisanat. De fil en aiguille, nous avons monté notre propre atelier 100% made in Méditerranée. Une petite innovation dans le Sud car on pensait jusqu'à présent qu’il n’y avait pas de vagues et qu'on ne pouvait pas surfer.

Quelles ont été les étapes de la création de votre projet (financement, business plan, étude de marché...) ? À qui vous êtes-vous adressé pour la création de votre entreprise ?

Il y a eu plusieurs étapes. A la base, pendant le confinement en avril 2020 lorsque le projet a été lancé, nous étions vraiment seuls avec nos bases de marketing. Nous avons fait une étude de marché, sans savoir où on allait. Ça à commencé à devenir sérieux à partir de septembre 2020 car nous avons eu des gens intéressés pour avoir une commande, même si nous n'étions pas encore développés. Nous avons donc fait une levée de fonds participatif et réunit plus de 8000 euros; ce qui nous a permis de trouver un local pour lancer notre atelier. La chance qu’on a eu c'est d'être encore sous-couverts par le statut d’étudiant, donc nous avons choisi une filière entreprenariat pour notre master 1 à l'EDHEC. Nous avons eu de bonnes bases en termes de business plan. 

À qui s'adresse votre projet ? Quel est votre petit "plus" par rapport aux autres ?

Notre garage est un point où l’on peut échanger avec passion. Nous fabriquons les planches en proposant également aux personnes de venir participer à ce processus de fabrication, à différents niveaux. C’est quelque chose qui se fait très peu car en temps normal, cela reste assez discret et fermé. De plus, nous recevons des clients qui viennent en stage pour découvrir la région, faire du paddle, du surf, c’est tout un package que nous proposons dans le but de créer des liens sociaux et qu’ils en reviennent avec de bons souvenirs. Je pense également que nous avons eu une double chance en bénéficiant de cette tendance surf qui monte en puissance actuellement ainsi que de notre image car nous étions plutôt doués en story-telling. La communauté surf grandit de plus en plus en Méditerranée, et nous sommes rares à proposer ce que nous faisons.

Comment exercez-vous cette activité ? Avez-vous un local commercial ? À domicile ? Sur Internet ?

En plus de notre local dans lequel nous créons et fabriquons les planches, nous avons un site internet régulièrement mis à jour. Ce qui me plaît c’est de faire des vidéos court format avec à chaque planche sa petite histoire. Je fais aussi beaucoup de photographie, donc à chaque fois nous partageons une potentielle galère dans la fabrication, ou alors une joie. Je pense que la communauté se sent plus engagée et a vraiment l’impression d’être à l’atelier avec nous. 

Quels bénéfices personnels tirez-vous de cette activité ? Qu'avez-vous appris de cette expérience ?

Je pense que là où mon point de vue peut différer, c’est qu’en temps qu’étudiante, j’ai eu le côté où j'étais encore en cours et le côté où je pouvais mettre en pratique ce que j'apprenais. En termes de compétences, d’autonomie et d’organisation, cela m’a fait évoluer. Le plus gros bénéfice personnel pour moi c’est d'avoir 22 ans et de pouvoir aller parler directement avec mon interlocuteur en étant prise au sérieux, que l’on valorise mes idées et qu’il n’y ai pas une hiérarchie au dessus de moi faisant que cela traine. Quand derrière on y met de la volonté et qu’on voit tout l’avancement et les propositions de collaboration pour le futur, je suis super contente de vivre cela. Ça n'a pas été facile, nous avons dû faire des petits boulots pour continuer à payer l’atelier. Aujourd’hui, ça porte ses fruits.  

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées au cours de cette aventure ?

Franchement, le plus dur à été la campagne de dons, il y a eu 3 semaines où le montant stagnait et cela à été dur moralement car c’était en pleins confinement donc difficile de relancer nos proches et trouver les bons leviers pour justifier la viabilité du projet; que ce n'était pas juste un délire d’étudiant. Pour inciter à nous accompagner, nous avons investi dans des matériaux pour créer une planche à gagner si les gens nous aidaient financièrement dans le projet. 

Quel conseil donneriez-vous aux futurs entrepreneurs ?

Je mettrai en garde sur le fait que la vie d'entrepreneur impose une rigueur.À nos âges la difficulté est de savoir faire la part des choses entre la vie professionnelle et la vie personnelle pour ne pas couler : c’est un monde où nous n’avons pas forcément de bases. Il faut parfois se débrouiller par soi-même. Mais si l’idée est là, et que l’envie monte de plus en plus, alors il ne faut plus hésiter et se donner les cartes pour réussir !

Vous pouvez retrouver Nadia et Garage Handshaping via :

https://www.garagehandshaping.com

Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 29 juillet 2021

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