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Entretien avec Floriane, fondatrice de Maison Paon à Tours

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Par Théophile Rousseau

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01 juillet 2021

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4 min.

Maison Paon
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La parole est à Floriane, tenancière d'une boutique d’art de vivre et de papeterie à Tours, nommée la Maison Paon.

Bonjour Floriane, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Floriane, j’ai 27 ans et je suis d’origine Tourangelle. Après quelques années d’études à Paris, je suis revenue en Touraine et j’ai travaillé pendant un an en tant que cheffe de pub dans une radio. Suite à cela, j’ai décidé de me lancer en ouvrant “Maison Paon”, une boutique d’art de vivre et de papeterie à Tours centre ! L’idée est de proposer de la papeterie et des idées cadeaux déco avec de nombreux créateurs et marques différentes, venant de France voire d’Europe. 

Super, et dans quelle région êtes-vous établie ?

Je suis donc établie à Tours mais l’idée serait de développer la marque Maison Paon en internalisant les procédés de fabrication pour ce qui est de la papeterie et en dupliquant la boutique dans d’autres villes à taille moyenne telles que Bordeaux, Angers, Nantes ou La Rochelle. 

Et que faisiez-vous avant de vous lancer dans cette activité ?

J’ai étudié à Paris en effectuant un bachelor en marketing du luxe, suite à cela je suis revenue à Tours suivre un master en histoire. Ensuite je suis partie à Londres pour étudier la pub mais surtout améliorer mon anglais avant de revenir en master marketing du luxe et de la mode au collège de Paris. J’ai tracé mon chemin, fait de l’alternance mais la ville étant trop grande je ne m’y sentais pas à l’aise. Je suis donc retournée en Touraine pour trouver ce travail de cheffe de pub en radio et créer ma boîte en parallèle. On a donc pu lancer la boîte en mai 2020, et ouvrir la boutique en juillet 2020. 

Quelles ont été les étapes de la création de votre projet (financement, business plan, étude de marché...) ? À qui vous êtes-vous adressé pour la création de votre entreprise ?

Au départ c’était un projet sur un bout de carnet, c’était flou. Mes études auparavant m'avaient appris à faire un business plan toute seule. J’ai trouvé un super site, “JSE”, qui cadre les choses et aide à avancer sur le dossier. Je me suis débrouillée seule puis un organisme du nom de “BGE” m’a aidé à faire du réseaux mais pas dans le business plan. Un cabinet comptable a validé les dossiers et une banque (CA) m’a attribué le prêt starter à 10 000 euros ainsi qu’un autre prêt perso à 10 000 euros et une aide de France active à taux 0 de 3000 euros. A côté de ça j’ai pu faire une campagne Ulule pendant 1 mois et demi qui m’a permis de financer les travaux. Cette campagne m'a permis de récolter plus de prévu grâce aux familles, amis et voisins. Le côté “commerce de proximité” à beaucoup joué car on était en période de confinement. Les personnes étaient plus impliquées dans ce qu’il se passait en local et cela a réellement aidé. 

À qui s'adresse votre projet ? Quel est votre petit "plus" par rapport aux autres ?

L’accent est mis sur le parcours client en créant une réelle expérience (accueil, présentation de la boutique, suivi, envois de mails ou sms pour avoir des retours…). Nous avons beaucoup fonctionné de par le bouche à oreille et les réseaux sociaux et la fidélisation était extrêmement importante. Cela a fait la différence par rapport aux autres boutiques ou le suivi client est moins marqué. En creusant tout ça, nous nous sommes rendu compte que pour se différencier cela ne suffisait pas. Aujourd’hui beaucoup de concept-store ouvrent et il est de moins en moins difficile de se lancer dedans ne serait-ce que financièrement de par les nombreuses aides proposées. Il faut donc savoir se différencier et nous avons fait le choix de nous orienter en ciblant la niche de la papeterie plutôt que de vendre un peu de déco, de mode, de beauté… 

Cela peut paraître dingue mais il y a un marché qui se développe, nous allons faire des choses de plus en plus qualitatives au niveau des marques et des créateurs et développer notre marque “Maison Paon”.

Aujourd’hui nos clients se voient être à 87% des femmes ayant entre 25 et 35 ans. Souvent ces femmes travaillent et sont dans le quartier. Elles ont des enfants et la boutique se trouvant être à côté d’une école, nous profitons de ce flux là. Ces femmes font souvent partie de communautés sensibles aux réseaux, à la mode et aux belles choses sans être dans le luxe. 

Comment exercez-vous cette activité ? Avez-vous un local commercial ? À domicile ? Sur Internet ?

Mon temps est partagé en deux. Une grosse partie de mon temps se voit être en vente à la boutique (achat, préparation de stocks, arrivage, mise en rayon, prix et vente). Une deuxième casquette est celle de la cheffe d’entreprise qui induit de rôles dans la communication, la stratégie, le marketing, le site internet… Cette partie prend beaucoup de temps et des stagiaires m’aident sur différentes parties de mon travail. Les projets avancent plus vite, de nouvelles idées se mettent en place. Cependant, dès lors que l’on souhaite développer son commerce, nous nous devons de déléguer et si de nouvelles boutiques ouvrent dans d’autres villes, je risque de perdre ma casquette de commerçante. 

Quels bénéfices personnels tirez-vous de cette activité ? Qu'avez-vous appris de cette expérience ?

Je ne reviendrais pas au salariat. Etre libre et indépendante me plait totalement même si cela engage des risques. Se lancer pour se faire plaisir ne suffit pas et avoir une feuille de route avec de vrais objectifs est primordial, même si l’on avance petits pas par petits pas. L’erreur et la patience font partie du jeu et la persévérance est ce qu’il y a de plus important. Au départ, je voulais tout gérer et j’avais beaucoup de mal à vouloir déléguer mais on ne sait pas tout faire et certaines personnes nous aident là où nous avons des lacunes. 

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées au cours de cette aventure ?

Les principales difficultés furent personnelles et non financières car les acteurs me faisaient confiance. Le fait de se sentir seule ou que les gens ne croient plus en ton projet peut déstabiliser. Au départ on me conseillait de garder mon emploi et que de se lancer en période de Covid était voué à l’échec. Suite à cela, le fait de trouver la clientèle et de se faire un nom est compliqué car les gens ne connaissent pas nos produits. 

Quel conseil donneriez-vous aux futurs entrepreneurs ?

Pour monter son entreprise il faut bien savoir s’entourer et croire en ses rêves même si les autres n’y croient pas ou que les risques sont grands. Il ne faut plus se poser de question et se donner des excuses car sinon on ne fait plus rien et on attend la retraite. Les études ne sont pas faites pour tout le monde et quand on a cette âme d’entrepreneur il faut foncer et ne s’entourer que de personnes qui nous poussent vers le haut. 

Vous pouvez retrouvez Floriane et la Maison Paon via : https://maisonpaon.fr

Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 29 juillet 2021

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