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Le marché du médecin spécialiste

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Par Joris Melin

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25 mai 2021

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3 min.

medecine specialisé
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COMPÉTENCES

Qualification professionnelle
Aptitudes commerciales
Maîtrise de la gestion

SPÉCIFICITÉS

Poids des investissements
Importance de la qualité de l'emplacement
Intensité de la concurrence

VIE PRIVÉE

Niveau de rémunération
Degré des contraintes horaires
Facilité de remplacement

L’ activité des médecins spécialistes est soutenue par un ensemble de facteurs favorables :

  • Le vieillissement de la population (la moitié des dépenses de santé concernent les plus de 60 ans) entraîne une demande croissante, les personnes âgées nécessitant des soins médicaux réguliers.

  • L’augmentation des affections longue durée (ALD) ainsi que le développement des campagnes de prévention et de dépistage (cancers du sein, IST, etc.) entraînent une hausse de la consommation de soins médicaux.

  • La mise en place de la rémunération à la performance : en plus du paiement à l’acte, la convention médicale de juillet 2011 a introduit un nouveau mode de rémunération des médecins libéraux : la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique. Cette rémunération (prime pouvant atteindre 4 130 € par an pour les médecins spécialistes en cardiologie et médecine vasculaire, 3 850 € par an pour les médecins spécialistes en gastro-entérologie et hépatologie, 1 750 € par an pour les autres spécialités) est conditionnée par la réalisation d’objectifs : moderniser le cabinet, améliorer le suivi des pathologies chroniques, améliorer la prévention auprès de certains patients, augmenter la part des génériques dans les médicaments prescrits, etc. La dernière convention médicale conclue entre les médecins libéraux et l’Assurance Maladie pour la période 2016-2021, renforce et élargit ce dispositif (prévention, efficience des prescriptions et suivi des pathologies chroniques).

  • Les revalorisations prévues par la nouvelle convention médicale 2016-2021 : revalorisation du tarif des consultations coordonnées de spécialiste (30 € à partir de mai 2017 contre 28 € auparavant) et création de deux nouveaux tarifs de consultations pour les prises en charge plus complexes (46 euros et 60 euros à partir du 1er novembre 2017).

Toutefois, l’exercice des professionnels de santé de ville est en pleine mutation. En effet, pour faire face aux enjeux du virage ambulatoire, de la croissance des pathologies chroniques et garantir à tous un accès égal au système de santé, les pouvoirs publics souhaitent accélérer le développement de l’exercice coordonné en s’appuyant sur les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Instaurées par la loi de santé de 2016 (loi n°2016-41 du 26 janvier 2016) les CPTS sont composées de professionnels de santé (médecins, auxiliaires médicaux), d’établissement de santé et d’acteurs médico-sociaux et sociaux réunis autour d’un projet de santé afin de répondre à une problématique territoriale de santé. La loi santé de 2019 (loi 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé) renforce ce dispositif qui devrait monter en puissance (on dénombrait 300 CPTS en mai 2019 alors que l’objectif est de 1000 CPTS à l’horizon 2022). L’accord conventionnel interprofessionnel du 20 juin 2019 dote les CPTS de moyens financiers proportionnels au bassin de population sur lequel le projet est mené (185 000 à 380 000 euros d’aide annuelle par CPTS).

 Tendances

Les mesures de la loi santé de 2019 réformeront le cadre de l’exercice des professions libérales de santé :

  • généralisation de l’exercice libéral coordonné pluriprofessionnel (CPTS) alors que l’exercice libéral isolé se marginalisera.

  • financement de 4 000 postes d’assistants médicaux auprès des médecins libéraux afin de libérer du temps médical (estimé à 15%) à condition que ces derniers exercent en groupe et s’inscrivent dans un exercice coordonné ou une CPTS.

  • restructuration de l’offre hospitalière avec trois niveaux : soins de proximité, soins spécialisés et soins ultraspécialisés ou plateaux techniques de pointe. 500 à 600 hôpitaux de proximité seront labellisés d’ici 2022. Ces derniers assureront des missions hospitalières de proximité en médecine polyvalente, soins aux personnes âgées, soins de suite et de réadaptation, consultations de spécialités, consultations non programmées, et devront disposer d’un plateau technique de biologie et d’imagerie, d’équipes mobiles et d’équipements en télémédecine. L’exercice mixte ville/hôpital de proximité sera favorisé.

  • instauration de forfaits pour la prise en charge des pathologies chroniques à l’hôpital dès 2019 et encadrement des tarifications à l’activité (objectif de les limiter à 50% des financements d’ici à 2022). Cette démarche s’ouvrira par la suite sur la ville et les coordinations ville-hôpital.

  • réforme les études de santé à compter de la rentrée universitaire 2020 : disparition du numerus clausus (les effectifs seront gérés par les ARS et les universités en fonction de leurs capacités et des besoins du territoire) et réforme de la première année commune aux études de santé en faculté de médecine (PACES).

NOMBRE DE MÉDECINS SPÉCIALISTES

2017

54 613(1)

HONORAIRES DES RADIOLOGUES (EN MILLIARDS D’EUROS)

2017

15,578 Md€ (2)

(1) Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral.

(2) Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral.

Joris

Joris Melin

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Coach pour entrepreneur

Article mis à jour le 25 mai 2021

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