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Le marché de la formation professionnelle

Icône auteur

Par Lucas Pedroza

Icône date de publication

25 mai 2021

Icône temps de lecture

2 min.

formation-professionnelle

COMPÉTENCES

Qualification professionnelle
Aptitudes commerciales
Maîtrise de la gestion

SPÉCIFICITÉS

Poids des investissements
Importance de la qualité de l'emplacement
Intensité de la concurrence

VIE PRIVÉE

Niveau de rémunération
Degré des contraintes horaires
Facilité de remplacement

Les réformes successives de la formation professionnelle continue impactent fortement l’activité des entreprises du secteur.

D’une part, la loi relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale (loi n°2014-288 du 5 mars 2014), a profondément modifié le cadre règlementaire de la formation :

  • réforme du financement de la formation professionnelle : une contribution légale unique a été mise en place (0,55% de la masse salariale annuelle brute pour les entreprises de moins de 11 salariés et 1% pour les autres entreprises contre 1,6% auparavant). Par ailleurs, la contribution de 0,9%, au titre du plan de formation des entreprises de 10 salariés et plus, a été supprimée. Le plan de formation est désormais placé sous la responsabilité de l’employeur qui fixe librement les sommes qui y sont affectées.

  • suppression du droit individuel à la formation (DIF) et instauration du compte personnel de formation (CPF) : entré en vigueur au 1er janvier 2015, le CPF suit chaque personne tout au long de sa vie active et permet de gérer l’évolution de ses compétences de façon autonome (maximum de 150h hors abondement). Ce dispositif est réservé à certaines actions de formation : formation qualifiante ou certifiante, formation relevant du socle de compétences ou actions d’accompagnement à la VAE.

À son tour, la réforme de la formation professionnelle de 2018 (loi 2018-771 du 5 septembre 2018, dite « loi Avenir Professionnel ») a bouleversé le secteur: monétarisation du compte personnel de formation (crédité de 500 euros par an et plafonné à 5 000 euros, crédité de 800 euros par an et plafonné à 8 000 euros pour les personnes sans qualification), désintermédiation (une application permettra bientôt de s’inscrire et de payer directement une formation, de consulter les droits acquis, les formations disponibles, le taux de satisfaction des stagiaires, le taux d’insertion dans l’emploi, etc.), création d’une agence nationale de régulation et d’évaluation, compétences de collectes des fonds destinées à la formation transférées aux URSSAF (non plus par les OPCA).

La réduction du volume de formation qui découle de ces réformes successives contribue à l’exacerbation des pressions concurrentielles qui tirent les prix vers le bas et nuisent ainsi aux marges des professionnels du secteur.

Dans ce contexte, les organismes de formation sont contraints de s’adapter :

  • repositionnement de leur offre au profit de formations éligibles au CPF.

  • passage d’une approche BtoB (organismes de formation à entreprises) à une approche BtoC (organismes de formation à personnes formées). En effet, la réforme favorise l’autonomisation des individus et l’individualisation de la formation.

  • développement des formations à distance (e-learning, Mooc, réseaux sociaux, vidéos, etc.) pour répondre aux nouvelles attentes des personnes formées : moins de temps disponible, nomadisme, meilleure maîtrise des nouvelles technologies, attente de parcours de formation modulaires, etc.

Tendances

La crise sanitaire a fortement accéléré la digitalisation du secteur alors que la plupart des organismes de formation ne proposaient que des formations en présentiel avant celle-ci.

Dans le cadre du plan « France Relance » initié par le gouvernement en septembre 2020, 300 millions sont affectés au développement des compétences. Le plan de modernisation de la formation professionnelle prévoit la création d’un label de qualité, le financement de projets pédagogiques innovants, la création de tiers lieux dédiés à la formation partout en France et la définition de parcours de formation pilotes sur des métiers en tension ou liés au plan de relance.

La création de nouveaux métiers (selon une étude de 2017, 85% des métiers exercés en 2030 n’existeraient pas encore), l’émergence de nouvelles organisations de travail et l’accélération de l’obsolescence des compétences resteront des facteurs de croissance solides pour le secteur à moyen et long terme.

L’organisation du marché

Selon le type d’acteurs:

  • Les organismes de formation privés à but lucratif (Cegos, Demos, etc.) sont mandatés par les entreprises et les pouvoirs publics en vue d’accomplir une prestation de formation professionnelle.

  • Les organismes de formation privés à but non lucratif (associations, ccopératives, mutuelles, etc.) s’adressent principalement aux particuliers.

  • Les institutions publiques et parapubliques (CNAM, AFPA, GRETA, universités, CCI, etc.) sont principalement chargées de la formation des demandeurs d’emploi et des jeunes, et sont financées par des fonds publics.

NOMBRE D’ORGANISMES DE FORMATION (DONT L’ACTIVITÉ PRINCIPALE EST LA FORMATION)

2016

8 500 (1)

CHIFFRE D’AFFAIRES DU SECTEUR (EN MILLIARDS D’EUROS)

2016

8 Md€ (1)

(1) Source : Fédération de la Formation Professionnelle.

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Lucas Pedroza

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Article mis à jour le 03 juin 2021

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