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Rencontre avec Julie Charlotte Garnier, gemmologue et créatrice de bijoux sur-mesure à Vannes

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Par Théophile Rousseau

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28 juin 2021

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4 min.

gemmologue
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Julie nous parle de sa découverte des pierres précieuses et du début de son activité en Thaïlande il y a quelques années, à aujourd’hui.  

Bonjour Julie, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? 

Bonjour ! Je m’appelle Julie, j’ai 43 ans, je suis mariée et j’ai quatre enfants. Je suis gemmologue, chasseuse de pierres précieuses et créatrice de bijoux uniques et sur-mesure. 

Mon travail consiste à écouter et comprendre l’univers du client, ce qu’il cherche à raconter à travers son bijou. Puis je cherche la pierre qui correspond à son projet, je dessine et fait fabriquer le bijou par des artisans en Thaïlande ou en France.  

Pouvez-vous nous dire pourquoi la Thaïlande ?  

Oui bien sûr ! Après avoir travaillé dix ans comme avocate, je me suis installée en Thaïlande avec ma famille car mon mari était en poste là-bas. J’y ai découvert un peu par hasard l’univers des pierres précieuses. Il faut savoir que la Thaïlande est un gros marché mondial pour les pierres de couleurs. Beaucoup de pierres sont taillées, traitées et transformées en bijoux là-bas.  

J’ai alors passé mon diplôme de gemmologue à l’Asian Institute of Gemmological Science et j’ai eu la chance de rencontrer des artisans français et thaïlandais (avec lesquels je travaille toujours d’ailleurs) qui m’ont ouvert les portes de leurs ateliers et initié au travail de la cire et du métal. Ainsi, de fil en aiguille, j’ai commencé à créer des bijoux pour des amies expatriées comme moi.  

De retour en France, j’ai décidé de poursuivre et développer cette activité qui me permet d’entretenir mes liens avec mes artisans, et avec la Thaïlande, et de continuer à faire des rencontres très enrichissantes.

À qui s'adresse votre concept ? Quel est votre petit "plus" par rapport aux autres ? 

Je travaille avec des personnes qui souhaitent raconter une histoire au travers de leur bijou. Par exemple, un jeune fiancé qui cherche une bague sur-mesure pour sa future femme, ou un cadeau d’anniversaire de mariage.  

Une grosse partie de mon travail consiste à discuter avec mes clients pour trouver la pierre et le design de bijou qui racontera leur histoire. Comme je ne fabrique pas moi-même le bijou, je peux passer plus de temps avec mes clients pour travailler avec eux sur le modèle idéal pour eux et sur le design. Celui-ci est en général réalisé en 3D puis en cire avant d’être fondu en métal. Le client est vraiment partie prenante de chaque étape de la création, du choix de la pierre à la finalisation du modèle. Du vrai sur-mesure ! 

De plus, en sourçant moi-même mes pierres et en travaillant en étroite collaboration avec mes artisans, je crée des pièces d’exception pour mes clients. 

En combien de temps un bijou peut-il être prêt ?  

Il n’y a pas de règles, certains clients mettent des mois à se décider sur un design. D’autres ont besoin d’une bague de fiançailles en quelques semaines… 

Julie gemmologue

Quelles ont été les étapes de la création de votre projet (financement, business plan, étude de marché...) ? À qui vous êtes-vous adressée pour la création de votre entreprise ? 

Ma première formation a été de côtoyer des artisans en Thaïlande. Mais à l’époque je ne savais pas encore vraiment si j’allais continuer cette activité en rentrant en France, ni si elle serait rentable.  

Pourtant, de retour en France, j’ai voulu tenter l’aventure entrepreneuriale car elle me permettait de conjuguer indépendance, passion des pierres, des voyages et des rencontres. J’ai donc fait appel au réseau d’aide à la création d’entreprise BGE qui m’a proposé des formations et à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI). Cela m’a permis de rencontrer des comptables et des avocats en petits groupes et aussi d’autres entrepreneurs en reconversion.

Aujourd’hui, je suis toujours en micro-entreprise, car l’aspect gestion administrative est relativement simple. Mais l’activité se développe d’année en année ! 

Comment travaillez-vous votre communication ? Avez-vous des locaux ou une boutique physique ?  

Bien que j’aie un site internet, aujourd’hui je travaille presque uniquement par recommandation. J’ai une liste de clients grâce aux ventes privées que j’organisais avant la crise sanitaire ou grâce au bouche à oreille. 

J’utilise aussi les réseaux sociaux tels qu’Instagram ou Facebook, mais ça n’est pas vraiment mon métier, je cherche donc à m’entourer pour gérer cela.  

J’exerce mon activité « en chambre », c’est-à-dire que j’ai un bureau mais pas de boutique et je ne reçois que sur rendez-vous. C’est une pratique assez répandue dans la joaillerie à vrai dire.

Pour l’instant cette configuration me convient parfaitement. Je ne cherche pas forcément une croissance fulgurante et j’aime prendre mon temps pour développer l’activité à mon rythme et soigner mes clients !

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées au cours de cette aventure ? 

J’ai été déroutée au début par toute la règlementation propre à mon secteur d’activité dont je n’avais aucune idée en arrivant de Thaïlande, et plus globalement, par le mécanisme de création d’entreprise. Pour créer mon business plan, il a fallu que je repense mon projet en termes plus commerciaux et en définissant mon client cible bien plus que je ne l’avais fait initialement. J’ai dû tout reprendre. C’était difficile mais très intéressant.  

Je dois dire que la crise sanitaire ne m’aide pas beaucoup non plus ! Outre les voyages récurrents en Thaïlande impossibles, les ventes privées à domicile par exemple, ne sont plus d’actualité.  

Heureusement j’ai noué au fil des ans de bonnes relations avec mes fournisseurs et mes artisans en Thaïlande et je communique efficacement avec eux. De même, j’ai l’habitude de travailler à distance avec mes clients.

Envisagez-vous tout de même de faire passer votre micro-entreprise en société ?  

Oui, selon l’évolution de l’activité bien sûr. Mais pas forcément toute seule. Pour l’instant, ce mode de fonctionnement me convient mais je pense qu’à moyen terme, j’aimerais trouver quelqu’un avec qui m’associer.  

Quel conseil donneriez-vous aux futurs entrepreneurs ? 

Je dirais qu’il faut oser. La peur de l’échec nous empêche de bouger, alors que le résultat est souvent très surprenant (en bien) ! L’entrepreneuriat est stressant mais si l’on a un objectif clair en tête, on arrive à passer outre les difficultés.  

Il y a une seconde chose importante, c’est de ne pas rester seul. Selon moi, il faut s’entourer et créer un écosystème autour de soi. En Bretagne, il y a des réseaux d’entrepreneurs et notamment Entreprendre au féminin qui peuvent être intéressant, bien que les profils et les activités soient extrêmement variés.  

Dans mon cas, pour palier la solitude de l’entrepreneur, j’ai pris un bureau, d’abord en co-working puis avec des co-locataires. C’est un budget, mais cela m’a permis de faire de belles rencontres et notamment dans mon secteur d’activité.     

Enfin, je dirais qu’il faut être ouvert aux opportunités et savoir les saisir. J’essaye de transmettre cette vision à mes enfants, ne pas hésiter à changer de parcours selon le moment de sa vie, savoir se réinventer.  

Retrouvez le travail de Julie sur :  

www.Juliecharlottegarnier.fr 

www.facebook.com/juliecharlottegarnier/ 

https://www.instagram.com/juliecharlottegarnier/

Théophile

Théophile Rousseau

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Content manager junior

Article mis à jour le 10 septembre 2021

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