Accueil > JSE Mag >

Rencontre avec Félix, tenancier du brew pub La Feloni

Icône auteur

Par Théophile Rousseau

Icône date de publication

28 juin 2021

Icône temps de lecture

4 min.

bar
Icône TwitterIcône FacebookIcône LinkedIn

La parole est à Félix, qui ouvre La Feloni au Vigan en juillet 2021. Il nous livre son parcours et les coulisses d’un projet de longue haleine. Son établissement se veut chaleureux, et va proposer des produits locaux et de qualité, adaptés à une clientèle exigeante. En bref, un lieu respirant le vrai. 

Bonjour Félix, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs  ?

Bonjour ! J’ai 32 ans, et heureux papa de 2 enfants. Avec ma femme, nous sommes installés depuis 1 an au Vigan afin de construire un projet de brew pub, établissement où l’on brasse et sert aux clients la bière à peine fabriquée. Le projet se concrétise dans peu de temps. 

Et que faisiez-vous avant de vous lancer dans cette activité ?

J’ai vécu une reconversion drastique. J’ai commencé à travailler à 17 ans en tant que scaphandrier, métier que j’ai exercé pendant 10 ans. C’est un secteur très passionnant, mais qui, je trouve, ne paye pas assez. Après être devenu papa, je me suis rendu compte qu’il me fallait des revenus supplémentaires, afin d’assurer un avenir stable. Je ne sais pas si j’ai pris la bonne décision en me lançant, mais être entrepreneur peut me permettre d’avoir une vue d’ensemble des choses, tout en m'empêchant de penser que je suis sous-payé. 

Depuis quand ce projet existe-t-il ? 

Le projet a germé dans mon esprit il y a 3 ans, à la naissance de ma fille. Je me sentais encore avoir les épaules pour assumer des semaines chargées et pour prendre ce risque. 

Il se trouve que ma femme, il y a quelques années de cela, m’avait offert un stage de brassage. L’expérience m’avait alors tellement marquée que j’ai acheté, au grand dam de ma femme et de ma cuisine, des cuves afin de continuer à m’exercer. Je n’ai jamais réussi à décrocher de cette passion. 

Plus tard par miracle, j’ai réussi à trouver un poste en CDD en tant qu’aide brasseur à la Singulière, une super brasserie de Sète. Je me suis rapidement senti à l’aise, ayant déjà de solides bases. Aussi, le patron étant skipper, nous avions l’amour de la mer en commun, et le courant est très bien passé entre nous. J’ai donc rapidement signé un CDI, et suis devenu brasseur officiel par la même occasion. Ils m’ont même fait confiance sur une recette !  Nous voulions nous associer sur le long terme, mais la Covid et le chômage partiel sont arrivés. Cette situation ne pouvant pas durer, et connaissant la région du Vigan ( il n'y avait pas de brew pub dans les alentours), j’ai décidé de prendre le risque et de quitter mon poste à la brasserie pour me lancer. Après s’être installé sur place, la recherche de locaux et de licence a débuté.

feloni

Quelles ont été les étapes de la création de votre projet (financement, business plan, étude de marché...) ? À qui vous êtes-vous adressé pour la création de votre entreprise ?

Je me suis vite rendu compte de la charge de démarches administratives nécessaire à la création d’une entreprise, surtout quand on veut bien faire les choses. J’ai été énormément aidé par la chambre des métiers et de l’artisanat pour la conception du business plan et des dossiers à présenter aux banques. Cela a été compliqué de savoir par où commencer, d'imaginer quelque chose de rentable sur le papier. 

L’étape de la recherche du local restera aussi gravée dans ma mémoire. J’avais démarché la mairie pour rénover un local leur appartenant. Cependant, après avoir fait venir des géomètres, le local a été déclaré “inondable”.J’ai perdu entre 3 et 4 mois sur ce local. La situation était difficile, d’autant plus qu’il n'y avait plus de licences disponibles au Vigan, et que l’achat d’une nouvelle représentait un investissement de 15 000 et 20 000 euros. 

Aussi, ouvrir un bar en cette période de Covid était risqué pour les banques. J’ai essuyé plusieurs refus, mais alors que je commençais à revoir mes plans, le Crédit Agricole a déclaré me suivre dans cette aventure. Avec le financement, je peux tenir ma promesse de rachat d’un fonds de commerce disposant d’une licence. 

Chaque jour est une nouvelle étape, et à l’heure actuelle, on voit le bout du tunnel ! 

Quels sont les produits que vous allez proposer ? À qui s’adresse votre projet ? 

Les cuves de brassage n’arrivant qu’en octobre, nous ouvrirons avec des bières d’ artisans sélectionnés. Les cuves vont permettre de faire des fûts, mais aussi de la bouteille, afin de proposer l’ensemble des références sous différents formats. Une ambrée, une blanche, une IPA, et une Lager seront disponibles toute l'année. Nous proposerons également chaque mois une référence éphémère, en accord avec la saison. Nous allons également proposer des tapas, fabriqués par des producteurs locaux. Seront également à la vente des vins bios et locaux. 

Vous l’aurez compris, le but de l’établissement est de mettre en valeur le savoir-faire du Vigan. 

J’ai confiance en mon projet, car ici, les gens aiment consommer de la qualité. Le marché du samedi est toujours bondé, et les producteurs toujours aussi présents. La Feloni s’adresse aux locaux, aux touristes...tous ceux qui veulent mieux consommer. 

Il est à noter que le bar se veut être un lien agréable aussi bien en été grâce à sa terrasse qu’en hiver. Nous voulons à terme proposer des concerts, des tournois d'échecs ou de jeux vidéo. Ce lieu appartiendra au Viganais, il est à disposition pour exposer, pour faire des représentations...le bar sera un lieu de vie. 

Quels bénéfices personnels tirez-vous de cette activité ? Qu'avez-vous appris de cette expérience ?

 Il ne faut jamais rien lâcher. Le projet a plusieurs fois risqué d’être abandonné, mais au final, j’ai des messages de la communauté me disant “bravo pour ta ténacité”. Je suis ravi de cette expérience, cela me fait vibrer.

C’est également un soulagement personnel : j’en avais assez d’avoir l’impression qu’on me demandait toujours plus sans donner en retour. Je ne me vois pas retourner dans le salariat. 

Quel conseil donneriez-vous aux futurs entrepreneurs ? 

J’ai toujours planifié le parcours étape par étape. À vrai dire, si j’avais vu la route dans son ensemble, je ne me serais probablement pas lancé. C’est un conseil que je pourrais donner, ne vous découragez pas de la sorte, faites les choses petit à petit, et ne pensez pas à demain. Vous y arriverez. 

Théophile

Théophile Rousseau

Icône LinkedIn

Content manager junior

Article mis à jour le 10 septembre 2021

Pour aller plus loin

La newsletter des entrepreneurs

Tous les mois, recevez notre newsletter fraîche et décalée pour casser les barrières de l'entrepreneuriat