Le marché de la coiffure

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Par Sarah Vallet de Payraud

Icône date de publication

18 mai 2021

Icône temps de lecture

2 min.

coiffeur
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Êtes-vous fait pour ce secteur d'activité ?

COMPÉTENCES

Qualification professionnelle
Aptitudes commerciales
Maîtrise de la gestion

SPÉCIFICITÉS

Poids des investissements
Importance de la qualité de l'emplacement
Intensité de la concurrence

VIE PRIVÉE

Niveau de rémunération
Degré des contraintes horaires
Facilité de remplacement

Deuxième secteur de l’artisanat en nombre d’entreprises, la coiffure poursuit sa mutation.

Bien que ce dernier soit traditionnellement très atomisé, le développement des réseaux sous enseigne s’accélère sous l’effet des stratégies de maillage territorial. Ils disposent de capacités d’investissement importantes (modernisation des salons, renouvellement des concepts, formations internes pour proposer des prestations plus techniques à haute valeur ajoutée), déploient des stratégies marketing efficaces (outils de fidélisation, évènements ponctuels, offres promotionnelles) et bénéficient d’une forte notoriété à l’échelle nationale. Cette évolution nuit aux indépendants isolés qui souffrent d’une image vieillissante (baisse de leur fréquentation, pression tarifaire).

Par ailleurs, favorisée par les plateformes d’intermédiation, la coiffure à domicile est en plein essor (elle représente aujourd’hui un quart des entreprises du secteur) et séduit de plus en plus une clientèle d’actifs en quête de gain de temps (prestations sur le lieu de travail, larges amplitudes horaires, etc.). Son attractivité est renforcée par un positionnement prix compétitif alors que les arbitrages budgétaires des ménages se font de plus en plus au détriment des dépenses de soins personnels.

Confrontés à la volatilité des clients, à la baisse de la fréquence des visites par client et à la stagnation du ticket moyen, les professionnels du secteur sont contraints de développer leur clientèle alors même que les pressions concurrentielles sont exacerbées (réseaux sous enseigne, coiffure à domicile). Bien que l’accroissement de la clientèle masculine, soutenu par l’engouement pour les services de barbier notamment, compense en partie le repli de la fréquentation de la clientèle féminine, le ticket moyen de leurs dépenses reste plus faible. En outre, cette nouvelle clientèle est principalement captée par les réseaux sous enseigne spécialisés.

Dans ce contexte, les professionnels du secteur cherchent à se différencier et à développer des relais de croissance. Ainsi, de nouveaux concepts émergent : coiffage express sans rendez-vous, offre globale de soins, salons conçus comme des lieux de vie (offre de restauration, exposition d’art, etc.), coiffure par abonnement, etc.

Enfin, la digitalisation des salons devient incontournable : prise de rendez-vous en ligne, services de réservation de prestations à prix réduit pendant les plages horaires de faibles affluences, valorisation du savoir-faire sur les réseaux sociaux, etc. 

Tendances

L’activité des professionnels du secteur pourrait être durablement impactée par la crise sanitaire en raison de sa très forte sensibilité à la conjoncture économique. La crise de confiance des ménages dans l’économie, les tensions sur leur pouvoir d’achat et la perspective de hausse du chômage freineront la consommation en services de coiffure.

L’organisation du marché

  •   les salons indépendants non rattachés à une enseigne : ils sont encore très largement majoritaires dans le secteur (90% des salons). Ces professionnels réalisent un chiffre d’affaires moyen de 80 000 euros et emploient un salarié.

  •  les réseaux sous enseigne : alors qu’ils fédèrent 10% des salons de coiffure, ils captent 1/3 du marché en valeur. En moyenne, ils réalisent 250 à 300 000 euros de chiffres d’affaires et emploient quatre à six salariés.

Quatre groupes leaders sont présents dans ce secteur : Provalliance (enseignes Franck Provost, Jean-Louis David, Saint Algue, Fabio Salsa, Coiff&Co, Intermède, Intervew), Dessange (enseignes Dessange et Camille Albane), Vog (enseignes Tchip, Vog, Shampoo Expert) et Novaly (enseignes Frédéric Moréno, Jack Holt).

Ces dernières années, les réseaux low cost ont prospéré (Coiff & Co, Tchip) et on assiste aujourd’hui à l’émergence de nouveaux concepts comme la coiffure bio (utilisation de produits capillaires naturels) ou la coiffure express (salons implantés dans des gares, métros, aéroports, etc.).

  •  les coiffeurs à domicile : ils représentent un quart des entreprises du secteur. Le chiffre d’affaires moyen réalisé se situe autour de 30 000 euros par an. La plupart des professionnels exercent sous le statut de micro-entrepreneurs.

NOMBRE D'ENTREPRISES DU SECTEUR

2018

89 940 (1)

CHIFFRE D’AFFAIRES DU SECTEUR 
(EN MILLIARDS D’EUROS)

2017

6,139 Md€ (2)

EVOLUTION DU CHIFFRE D’AFFAIRES DU SECTEUR EN VALEUR 

2019
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010

110,6 (3)
108,3
106,8
104,7
100,0
96,3
93,9
92,5
91,0
87,7

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(1) Source : INSEE, démographie des entreprises et des établissements 2018 – champs marchand non agricole, Stocks d’entreprise au 31 décembre 2018.

(2) Source : INSEE, ESANE.

(3) Source : INSEE, Bulletin statistique, « Coiffure ».

Sarah Vallet de Payraud

Sarah Vallet de Payraud

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Entrepreneur en résidence @ La Fabrique by CA

Article mis à jour le 26 août 2021

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