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Ouvrir un centre équestre

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Par Sarah Vallet de Payraud

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25 mai 2021

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2 min.

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Êtes-vous fait pour ce secteur d'activité ?

COMPÉTENCES

Qualification professionnelle
Aptitudes commerciales
Maîtrise de la gestion

SPÉCIFICITÉS

Poids des investissements
Importance de la qualité de l'emplacement
Intensité de la concurrence

VIE PRIVÉE

Niveau de rémunération
Degré des contraintes horaires
Facilité de remplacement

Quatrième sport national en nombre de licenciés (après le football, le tennis et le basketball), l’équitation bénéficie d’un très fort engouement et compte aujourd’hui plus d’un million de pratiquants réguliers en France.

La démocratisation de la pratique sport et loisir repose sur la mutualisation des ressources (cavaleries, infrastructures, enseignement) au sein de structures équestres, majoritairement privées, qui constituent les maillons d’un modèle de développement de l’équitation unique au monde.

Toutefois, alors que le nombre de licenciés, principal indicateur de l’activité équine, n’a cessé de progresser régulièrement à partir des années 60, depuis 2013 la discipline est confrontée, chaque année, à une érosion du nombre de licences (-11% entre 2013 et 2019, soit 77 000 licenciés en moins).

Deux facteurs principaux ont conduit à cette évolution :

– la sensibilité à la conjoncture économique : bien qu’elle se soit démocratisée, la pratique de l’équitation reste étroitement liée au pouvoir d’achat des ménages. Or, la crise financière de 2008 a durablement impacté la structure des dépenses des ménages.

– la réforme des rythmes scolaires : le retour à la semaine de quatre jours et demi, généralisé entre 2013 et 2017, a réduit le temps non scolaire des enfants aux dépens de l’activité des centres équestres le mercredi matin (les 5 -10 ans représentent près de 22% des licenciés en 2019).

Outre la diminution de la fréquentation de leurs centres, les professionnels du secteur ont également subi une très forte hausse de la TVA appliquée à l’enseignement et à la pension des équidés (qui constituent 70 à 80% de l’activité des centres), son taux passant de 7% à 20% en 2015. Dans un contexte de fortes pressions tarifaires, alimentées par une concurrence exacerbée, la capacité à répercuter la hausse de la fiscalité sur la clientèle a nécessairement été très limitée, au détriment des marges, déjà faibles, des centres équestres.

Tendances

Confrontés à l’interdiction d’accueillir du public lors du premier confinement, les centres équestres ont subi un effondrement de leurs recettes alors que leurs charges opérationnelles et structurelles restaient très importantes et que leur trésorerie était déjà exsangue. Malgré l’aménagement des restrictions accordé par les pouvoirs publics à compter de fin novembre (pratique en plein air autorisée pour les adultes et les mineurs dans les ERP de type PA), le reconfinement est un nouveau coup d’arrêt porté aux centres équestres. Les acteurs du secteur craignent que la crise sanitaire soit fatale à de nombreux centres.

L’organisation du marché

Le secteur est segmenté selon l’activité :

• L’enseignement : il s’agit de la principale activité des centres équestres. Il existe une vingtaine de disciplines différentes : saut d’obstacles, attelage, dressage, endurance, horse-ball, hunter, voltige, etc. Un quart des cavaliers ont une licence de compétition.

• La pension équine : moins exposée à la saisonnalité, elle permet aux centres de percevoir des ressources régulières. De nombreuses prestations sont associées à cette activité : hébergement, travail des chevaux, remise en forme, etc. Sur ce segment, les centres équestres sont concurrencés par les particuliers qui disposent d’écuries privées ou par les exploitants agricoles qui diversifient leur activité.

• L’élevage : on dénombre plus de 30 000 éleveurs équins en France (80% des éleveurs ont moins de 3 juments). Cette activité est souvent exercée à titre complémentaire.

• Le tourisme équestre : de la balade de quelques heures à la randonnée itinérante de plusieurs jours, il s’agit d’une activité en plein essor. Il existe un label « centre de tourisme équestre » qui identifie les établissements équestres spécialisés dans le tourisme et un label « cheval étape » qui concerne les lieux accueillants les équidés pour la nuit.

NOMBRE DE CENTRES ÉQUESTRES

2018

5 446 (1)

ÉVOLUTION DU CHIFFRE D’AFFAIRES DU SECTEUR EN VALEUR (INDICE ICA BASE 100 EN 2015)

2019
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010

143,4 (2)
131,6
121,5
115,9
100,0
92,1
88,5
85,7
80,6
76,8

Sarah Vallet de Payraud

Sarah Vallet de Payraud

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Entrepreneur en résidence @ La Fabrique by CA

Article mis à jour le 25 mai 2021

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